Une fermeture de Facebook et d’Instagram peut sembler étonnante au vu du succès de l’un et de l’autre. Et pourtant, Facebook l’envisage au vu de ce qui se passe avec le transfert des données des utilisateurs.

Tout a commencé il y a une dizaine de jours avec la Commission de protection des données irlandaise qui a averti Facebook qu’il va devoir cesser de transférer les données des utilisateurs européens vers ses serveurs américains. Les données devront rester en Europe.

C’est la première retombée majeure d’une décision de la Haute Cour de l’Union européenne de juillet qui a invalidé un accord transatlantique clé appelé « Privacy Shield ». Cet accord entre les États-Unis et l’Union européenne avait permis aux entreprises d’envoyer des données entre les deux régions, mais le tribunal l’a annulé. Cette décision concerne des milliers d’entreprises, dont Facebook.

Aujourd’hui, Yvonne Cunnane, la responsable de la vie privée chez Facebook, estime qu’il « n’est pas très clair de discerner comment, dans ces circonstances, Facebook pourrait continuer à fournir les services Facebook et Instagram dans l’Union européenne », d’où la menace de complètement fermer Facebook et Instagram en Europe.

Cela semble plus facile à dire qu’à faire toutefois. En fermant Facebook et Instagram en Europe, Instagram tirerait un trait sur plusieurs centaines de millions d’utilisateurs d’un coup. Cela aurait naturellement un impact important sur ses revenus.

Un porte-parole de Facebook a tenu à tempérer les propos d’Yvonne Cunnane malgré tout :

Facebook ne menace pas de se retirer d’Europe. Des documents juridiques déposés auprès de la Haute Cour irlandaise exposent simplement le fait que Facebook, et de nombreux autres services, entreprises, et organisations dépendent des transferts de données entre l’Union européenne et les États-Unis pour faire fonctionner leurs services.

Au départ, Facebook avait jusqu’à la mi-septembre pour suivre les consignes de la Commission de protection des données irlandaise. Le réseau social a finalement décidé de porter l’affaire devant la Haute Cour de justice d’Irlande, et l’affaire sera traitée en novembre. Le régulateur peut lui infliger une amende allant jusqu’à 4% de ses revenus mondiaux pour avoir enfreint les lois européennes sur la protection des données. Dans le cas de Facebook, cela représenterait une amende de près de 3 milliards de dollars.

Sources

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