Mauvaise nouvelle pour la Chine : ses efforts pour réduire la pollution de l’air auraient eu un effet inverse à celui attendu. Si les mesures prises ont en effet contribué à réguler la production de particules fines, elles ont cependant aussi participé au réchauffement climatique de manière imprévue. 

Ces dernières décennies, la Chine a connu une croissance spectaculaire de son économie et de son industrialisation, entraînant une hausse de sa consommation d’énergie issue du charbon. Aujourd’hui, elle est le premier émetteur mondial de polluants atmosphériques particulièrement dangereux comme le dioxyde de soufre et le carbone suie. Face à ce phénomène mettant en danger à la fois l’environnement et la santé de sa population, la Chine a choisi de mettre en place des mesures strictes de réduction de la pollution de l’air au cours des années passées.

Le revers de la médaille

« Ces mesures ont été efficaces et la pollution par les aérosols en Chine a été considérablement réduite après 2013, avec des avantages notables pour la santé publique », explique Yixuan Zheng, auteur principal d’une nouvelle étude sur les impacts de ces efforts, parue dans la revue Environmental Research Letters. Néanmoins, des analyses menées sur la qualité de l’air au-dessus du pays révèlent le revers de la médaille : en retirant brutalement le dioxyde de soufre et le carbone suie de la circulation, la Chine affecte profondément la manière dont l’atmosphère réfléchit et absorbe la chaleur du Soleil.

Moins de particules, mais plus de réchauffement

« On estime que le sulfate anthropique dans l’air a refroidi la terre de 0,5 °C en moyenne en 2010, ce qui équivaut à 76 % du refroidissement induit par les aérosols d’origine anthropiques, poursuit Zheng. Le carbone suie, en revanche, absorbe la chaleur dans l’atmosphère et réchauffe la Terre. Il est donc essentiel de comprendre l’effet que la réduction de ces matériaux pourrait avoir sur le réchauffement pour les futures stratégies d’atténuation sur le climat. » En l’occurrence, les résultats révèlent que les changements mis en place entre 2006 et 2017 pourraient contribuer à un réchauffement de 0,1 °C dans l’hémisphère Nord.

« De 2006 à 2017, les émissions de dioxyde de carbone de la Chine ont augmenté d’environ 54 %, avec une réduction d’environ 70 % des émissions de dioxyde de soufre, une réduction de 30 % des émissions de carbone suie et une réduction de 40 % des émissions de carbone organique, précise Steven J. Davis, coauteur. Le découplage des émissions de dioxyde de carbone et des aérosols est principalement dû à l’installation de dispositifs de contrôle en bout de tuyau, qui réduisent les émissions d’aérosols mais pas le dioxyde de carbone. Ce découplage a exacerbé les effets du réchauffement climatique des émissions de dioxyde de carbone de la Chine. »

Sources

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