Changement d’époque à l’Agence spatiale européenne. Pour la première fois de son histoire, l’ESA vient de signer le contrat du premier enlèvement d’un débris spatial en orbite qui sera réalisé par la start-up ClearSpace. L’achat de cette mission dans le cadre d’un contrat de service de bout en bout, plutôt que le développement d’un engin spatial défini par l’ESA pour une exploitation en interne, représente une nouvelle approche pour l’ESA.

L’Agence spatiale européenne (ESA) vient de signer un contrat de 86 millions d’euros avec la start-up suisse ClearSpace SA pour l’achat d’un service unique : le premier enlèvement d’un débris spatial en orbite lors de la mission ClearSpace-1. Cette mission s’inscrit dans le cadre du projet Adrios (Active Debris Removal/In-Orbit Servicing) du programme de Sécurité spatiale de l’ESA.

L’achat de cette mission dans le cadre d’un contrat de service de bout en bout, plutôt que le développement d’un engin spatial défini par l’ESA pour une exploitation en interne, représente une nouvelle approche pour l’ESA. C’est en effet la première fois que l’Agence spatiale européenne s’engage auprès d’une start-up, qui n’a jamais rien démontré, à la surprise des industriels bien installés comme Thales Alenia Space ou Airbus.

Certes, ClearSpace n’a encore rien démontré en orbite, mais il faut savoir que cette entreprise est issue de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), dont l’expertise en matière de robotique est reconnue. À cela s’ajoute que CleraSpace s’appuie sur un petit réseau de conseillers externes, tous spécialistes du secteur spatial, qui sont confiants dans le succès de la mission ClearSpace-1.

La start-up est essentiellement issue de l’EPFL et bénéficie du travail et de l’expérience accumulée depuis 2012 dans le cadre du projet CleanSpace-1. Son but était déjà de développer des technologies de capture et de désorbitation d’objets spatiaux devenus obsolètes – satellites hors d’usage, étages de fusée, morceaux de panneaux solaires, écrous en perdition – mis en orbite au cours des 60 dernières années. À l’époque, il était question d’aller chercher Envisat, déclaré perdu en 2012. Or, ce satellite de l’agence spatiale européenne est un des plus gros débris recensés. D’une masse de 8,1 tonnes et des dimensions hors tout de 26 × 10 × 5 m, ce satellite situé à 800 kilomètres d’altitude pose un problème avec une probabilité de collision élevée.

Une mission sans difficulté majeure de développement

D’un point de vue technique, aucun problème particulier est à signaler. Toutes les technologies de capture et de désorbitation mises en œuvre dans cette mission sont matures et maîtrisées. La seule complexité c’est de tout faire fonctionner ensemble ! Si l’on se fie à l’échelle de niveau de maturité technologique TRL (une échelle imaginée par la NASA en vue de gérer le risque technologique de ses programmes) qui compte neuf niveaux, les technologiques de la mission sont notées 8 ou 9 !

Le lancement de ClearSpace-1 est envisagé à l’horizon 2025. Cette mission a pour but d’aller récupérer un adaptateur de charge utile Vespa, d’une masse de 112 kilogrammes, de le capturer et de le désorbiter. Une pince à quatre bras sera utilisée pour le saisir. Une tâche d’apparence simple mais qui sera plus complexe qu’elle n’y paraît. Il faut savoir que Vesta, dont la taille est proche de celle d’un petit satellite, tourne sur lui-même. Cependant ce débris a aussi été choisi parce qu’il ne contient pas d’ergols susceptibles d’exploser !

Sources

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