L’administration Biden vient d’annoncer un plan visant à étendre considérablement l’utilisation de l’énergie éolienne offshore le long de la côte Est. La Maison-Blanche prévoit de créer des dizaines de milliers de nouveaux emplois tout en enclenchant la seconde sur les questions climatiques.

Alors que les installations offshore sont en plein essor en Europe depuis plusieurs années, les États-Unis accusent un sérieux tard en la matière, avec seulement deux petits parcs éoliens situés dans les États de Rhode Island et de Virginie. L’une des premières propositions éoliennes en mer, Cape Wind, n’a de son côté pas pu aboutir, les résidents de Cape Cod considérant le projet comme une horreur visuelle. D’autres projets ont également accusé des retards répétés sous l’administration précédente. Mais les choses devraient bientôt changer.

Des milliers de turbines au large de la côte Est

Ce lundi 29 mars, l’administration Biden a annoncé un effort majeur visant relancer l’industrie éolienne offshore aux États-Unis. Objectif : déployer 30 000 mégawatts d’éoliennes offshore dans les eaux côtières du pays d’ici 2030, suffisamment pour alimenter dix millions de foyers. Un tel projet, estime la Maison-Blanche, pourrait créer plus de 44 000 nouveaux emplois directs dans le secteur de l’éolien, ainsi que 33 000 nouveaux emplois indirects.

Pour atteindre cet objectif, l’administration Biden prévoit de multiplier les autorisations de projets au large de la côte atlantique. Ici, les vents du large sont les plus forts l’après-midi et le soir, lorsque la demande d’électricité est à son plus haut.

Plus d’une douzaine de projets sont déjà soumis à une forme d’examen fédéral. L’un d’eux, qui viserait à s’implanter dans une zone d’eau peu profonde entre Long Island et la côte du New Jersey, a été défini comme “prioritaire” par la Maison-Blanche. De leur côté, les États de New York et du New Jersey se sont engagés à produire jusqu’à 16 500 mégawatts d’énergie éolienne offshore d’ici 2035 pour atteindre leurs objectifs climatiques.

Ce mois-ci, l’administration Biden a également franchi une étape clé en approuvant un examen environnemental du premier parc offshore à grande échelle du pays, au large de l’île de Martha’s Vineyard (Massachusetts). Ici, 84 turbines d’une capacité de 800 mégawatts devraient prendre racine dès 2023.

Au total, le ministère de l’Intérieur estime que jusqu’à 2000 turbines pourraient tourner au large des côtes américaines d’ici 2030. Un tel investissement permettrait d’éviter jusqu’à 78 millions de tonnes métriques d’émissions de dioxyde de carbone.

Les pêcheurs inquiets

Bien que les plus récentes propositions d’éoliennes en mer soient généralement placées assez loin du littoral, elles suscitent encore des inquiétudes chez les pêcheurs de la région.

Les eaux fédérales de l’Atlantique abritent en effet une variété de pêcheries importantes spécialisées dans le pétoncle géant, la mye commune ou le calmar, dont beaucoup chevauchent des zones de développement éolien futur. Le fait de se tenir à l’écart des turbines pourrait ainsi limiter la quantité de produits récoltés, privant potentiellement les communautés de pêcheurs côtiers de millions de dollars de revenus.

« Nos pêcheries sont déjà plus strictement réglementées que partout ailleurs dans le monde, ce n’est donc pas aussi simple que de nous dire de changer nos équipements et d’aller pêcher ailleurs », a déclaré Annie Hawkins, directrice exécutive de la Responsible Offshore Development Alliance. « Les pêcheurs comprennent la nécessité d’agir face au changement climatique, mais ils ne veulent pas être complètement laissés pour compte ».

Dans le cadre du projet Vineyard Wind, l’État du Massachusetts a déjà prévu plus de vingt millions de dollars d’indemnisations pour compenser les éventuelles pertes de revenus. L’administration Biden a également annoncé un million de dollars de nouvelles subventions pour étudier les effets de ces parcs sur les pêcheurs et les communautés côtières. Insuffisant, selon Annie Hawkins.

Sources

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