La Chine, qui ambitionne de s’installer sur la Lune et d’envoyer des humains sur Mars, va bientôt se rappeler au bon souvenir des Américains. Jeudi, elle devrait lancer le premier module de sa future station spatiale Tiangong, confortant sa place de troisième puissance spatiale dans le domaine des vols habités.

La Chine devrait lancer jeudi 29 avril Tianhe (« Harmonie céleste »), le premier module de la future station spatiale chinoise. Le lanceur Long March 5B avec, à son bord Tianhé, a été installé sur son pas de tir de la base de lancement Wenchang, située sur l’île de Hainan.

D’une masse de 20 tonnes, Tianhe est le corps central de cette station. Il servira à contrôler la navigation de la station (correction de trajectoire, d’attitude…), et les différentes servitudes du complexe orbital. Long de 16,6 mètres et d’un diamètre de 4,2 m, il servira de lieu de vie pour les taïkonautes chinois. Cette station été dimensionnée pour un équipage de trois astronautes et des séjours d’une durée maximale de 6 mois. Elle sera rejointe par un premier équipage lors de Shenzhou-12 dont le lancement est actuellement prévu le 10 juin. Ce vol habité sera le premier depuis Shenzhou-11 qui avait eu lieu en 2016 ! Cet équipage sera composé des taïkonautes Nie Haisheng — dont ce sera le troisième vol –, de Deng Qingmin et Ye Guangfu qui voleront dans l’espace pour la première fois.

Cette station d’environ 66 tonnes devrait compter un minimum de 3 modules. Un télescope spatial de 2 mètres de diamètre, comparable à Hubble, qui dispose d’un miroir légèrement plus grand (2,40 m), est également prévu. Il volera en retrait de la station et viendra s’y amarrer pour des opérations de maintenance. Son lancement est prévu en 2024.

Une station assemblée en seulement deux ans

Initialement, le lancement de ce premier module était prévu en 2018. Mais, l’échec du deuxième vol de qualification du Long March 5B, seul lanceur chinois capable de propulser une charge aussi lourde, avait contraint les responsables du programme à reporter le début de la construction de cette station. Un report qui ne devrait pas impacter la date de pendaison de la crémaillère. La Chine a en effet décidé de condenser le calendrier d’assemblage en seulement deux ans afin de maintenir l’objectif initial d’achever sa construction d’ici la fin de 2022. Un pari logistique qui ne sera pas une mince affaire, même pour la troisième puissance spatiale mondiale.

Philippe Coué, auteur et chercheur indépendant, spécialiste du secteur spatial chinois, nous dévoile le calendrier de son assemblage :

  • corps central, le 29 avril 2021 ;
  • cargo Tianzhou-2, le 20 mai 2021 ;
  • vaisseau de transport Shenzhou-12, le 10 juin 2021 ;
  • cargo Tianzhou-3, en septembre 2021 ;
  • Shenzhou-13, en octobre 2021 ;
  • Tianzhou-4, en mars 2022 ;
  • Shenzhou-14, en mai 2022 ;
  • laboratoire Wentian, en juin 2022 ;
  • laboratoire Mengtian, en août 2022 ;
  • Tianzhou-5, en octobre 2022 ;
  • Shenzhou-15, en novembre 2022 (première relève avec l’équipage de Shenzhou-14).

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