La pénurie de semi-conducteurs continue, après l’automobile et l’informatique, les cartes bancaires pourraient elles aussi être touchées.

Alors que la pénurie de semi-conducteurs paralyse de plus en plus d’industries à travers le monde, les cartes bancaires pourraient elles aussi être touchées, selon une nouvelle étude menée par la Smart Payment Association (SPA), un organisme spécialiste du paiement par cartes et mobiles.

Comme toutes les industries qui ont été frappées par cette pénurie, l’association appelle à ce que les instants gouvernementaux prennent les mesures nécessaires pour assurer des livraisons de base de semi-conducteurs, afin que toutes les industries puissent tourner, au moins au ralenti. La SPA demande également à ce que les gouvernements et instances supra gouvernementales décident elles mêmes de la distribution des stocks en ces temps de crise où la loi du marché paralyse les intérêts communs.

Une situation qui empire de jour en jour

L’association rappelle que près de 90 % des paiements de consommation réalisés aujourd’hui dans le monde le sont avec une carte bancaire, et elles comptent toutes, ou presque, dans leur composition une puce pour stocker les données de ladite carte. L’organisme en conclut que leur utilité est quotidienne et qu’au vu de leur péremption, ces cartes doivent être changées régulièrement, ce qui impose un production massive constante.

Selon eux la situation serait des plus préoccupantes avec un point de rupture qui pourrait arriver au cours du second semestre de cette année 2021, alors que les fabricants de semi-conducteurs comme Foxconn et TSMC prévoient que la pénurie ne dure encore quelques mois, voire jusqu’à la fin de l’année 2022. Jacques Doucerain, président de la SPA (Smart Payement Association) craint que si aucune mesure n’est prise rapidement : « la pénurie de cartes bancaires soit beaucoup plus importante en 2022 ».

Une pénurie aux conséquences tardives

Avec un retour au premier plan de la pandémie sur le continent asiatique et une situation politique toujours très tendue entre la Chine territoriale et Taïwan, la pénurie risque encore de durer de longs mois, de quoi paralyser pour le long terme des industries essentielles à notre quotidien. Malgré ce bilan très alarmiste, la SPA a conclu son rapport en assurant que l’association, ainsi que la totalité des entreprises qui travaillaient conjointement avec elle, allaient mettre en œuvre tout ce qui était en leur pouvoir pour résister le plus possible aux perturbations causées par la pénurie de semi-conducteurs.

Dans d’autres industries, cette pénurie a déjà fait fermer de nombreuses usines, mettant des milliers de personnes au chômage technique. C’est notamment le cas dans l’automobile, une des premières industries touchées par cette pénurie de semi-conducteurs, et qui a le plus grand mal à trouver des pièces pour relancer la production dans ses usines.

Au delà de la crise à l’instant T, les entreprises redoutent surtout des conséquences sur le moyen et long terme, car même si la production de semi-conducteurs revenait à la normale demain, les répercutions d’une telle pénurie risque de se faire sentir encore pendant des années, et c’est le tissu économique de l’ensemble des industries touchées par cette pénurie qui pourraient être fragilisée. Afin de ne pas en arriver là plusieurs solutions sont aujorud’hui sur la table, mais la dépendance européenne en semi-conducteurs vis-à-vis de la Chine rend impossible toute sortie de crise sur le court terme.

Sources

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