Une partie de la planète étouffe sous des températures écrasantes. Si le Canada est grignoté par les flammes, la Grèce, l’Inde ou la Sibérie sont aussi concernés.

Une partie de la planète ne respire plus. Chaque été, de nouveaux records de chaleur sont battus – deux à trois fois plus en moyenne que des records de froid. Alors que le Giec a dressé un bilan alarmant dans un rapport datant du 23 juin, les conséquences du réchauffement climatique sont visibles. « Il n’y a pas de plan B, parce qu’il n’y a pas de planète B » disait en 2014 Ban Ki-moon, l’ancien Secrétaire général de l’ONU. Mais la nôtre est en train de prendre feu : La Colombie-Britannique se débat avec une centaine d’incendies et des températures avoisinant les 50°C, l’Inde et la Grèce enregistrent des températures caniculaires et la Sibérie, l’une des régions les plus froides de la planète, n’est pas épargnée. Alors que le monde s’embrase, retour sur les différents coins de la planète qui étouffent. 

Cette semaine, l’actualité a été marquée par une expression : « le dôme de chaleur ». Un phénomène naturel bien connu exacerbé par le réchauffement climatique, selon les scientifiques. Depuis plusieurs jours, l’Ouest canadien est soumis à des températures records. Dans le village de Lytton, à 250 km au nord-est de Vancouver, le thermomètre s’est affolé affichant 49,6 degrés Celsius. « Il fait plus chaud dans certaines parties de l’ouest du Canada qu’à Dubaï », a déclaré le climatologue en chef d’Environnement Canada, David Phillips. Conséquences : la province est désormais en proie à une centaine de départs de feux. En plus de la multiplication des incendies, les vagues de chaleur ont provoqué près de 500 de morts au Canada et au moins seize aux Etats-Unis, asphyxiés sous l’effet de températures insoutenables.

Vendredi, des centaines de pompiers s’efforçaient d’endiguer trois feux de forêt qui ont dévoré plus de 15 000 hectares dans le nord de la Californie, y compris dans une zone touristique qui s’apprêtait à accueillir de nombreux visiteurs pour le long week-end de la fête nationale du 4 juillet. A Los Angeles, ville tentaculaire de la Californie du Sud, les climatologues prévoient une hausse des températures dans les prochains jours. « Nous examinons le potentiel d’une autre vague de chaleur à venir… [autour] du 10 juillet », a déclaré Eric Boldt, météorologue chargé de la coordination des avertissements au Service météorologique national d’Oxnard, dans les colonnes du Los Angeles Times. Les Etats américains du Washington et de l’Oregon ont également étouffé cette semaine sous des températures records.  

L’Inde victime d' »une chaleur extrême grave »

Mais l’Ouest américain est loin d’être un cas isolé. Des dizaines de millions d’Indiens suffoquaient vendredi sous des températures caniculaires, la capitale New Delhi enregistrant les températures les plus élevées depuis 2012. Depuis 2010, les intenses vagues de chaleur que connaît le deuxième pays le plus peuplé au monde ont fait plus de 6500 morts et les scientifiques redoutent que ce phénomène ne s’intensifie en raison du changement climatique. Vendredi, les températures en journée ont dépassé les 40 degrés, pour la quatrième journée consécutive, dans les Etats du Rajasthan, du Haryana et à New Delhi. En moyenne, les températures sont 7 degrés au-dessus de la normale pour cette période de l’année et les services météorologiques ont qualifié la situation de « chaleur extrême grave ».

En Grèce, les températures peinent à se rafraichir. Pendant plus de dix jours, une vague de chaleur étouffante s’est emparée du pays. Dans certaines régions, les températures ont culminé jusqu’à 44°C, selon l’Observatoire météorologique d’Athènes. La mairie de la capitale grecque a mis à disposition des populations les plus vulnérables, notamment des sans-abris, quelques salles communes climatisées durant la journée. L’acropole d’Athènes, un des sites touristiques les plus visités du pays, a été obligée de fermer jeudi après-midi. 

Pluies diluviennes à Moscou et canicule en Sibérie

Mais les monstres climatiques peuvent prendre des formes différentes selon les régions. Un peu plus haut dans l’hémisphère nord, la capitale russe a été touchée tout au long du mois de juin par une canicule « jamais vue depuis 120 ans » rapporte le site spécialiste Novethic. Mais cette vague de chaleur s’est transformée en pluies diluviennes. Le centre-ville de Moscou a connu de nombreux dégâts et certaines lignes de métro ont été fermées en raison d’inondations. « Les infrastructures de Moscou ne sont pas en mesure de supporter les plus 50 millimètres de pluie qui sont tombées sur la ville aujourd’hui » a expliqué le journaliste Alec Luhn, ancien correspondant en Russie. Alors que les autorités moscovites affirment vouloir lutter contre le réchauffement climatique, aucune mesure concrète n’a été engagée en ce sens.

De l’autre côté de l’Arctique, la Sibérie, et en particulier la République de Sakha, est en proie à de fortes chaleurs. La température de la surface terrestre a largement dépassé les 35°C dans toute la Sibérie, le 21 juin dernier, selon Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne. La région a connu des pics de 43°C à Govorovo et 37°C à Saskylah. En juin dernier, la température avait atteint 38°C à Verkhoïansk, une ville russe située au nord du cercle polaire arctique. À noter que cette cité est réputée pour avoir connu l’une des plus basses températures jamais enregistrées sur Terre (hors Antarctique), rapporte le site The Conversation

En France, les températures restent plutôt automnales, mais l’exécutif se prépare à une éventuelle vague de chaleur. Face à des « incendies qui s’intensifient avec le changement climatique et touchent de plus en plus de régions », le gouvernement a annoncé, vendredi, déployer pour l’été un dispositif d’intervention renforcé sur l’ensemble du territoire et appelé la population à redoubler de vigilance. Présenté par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili lors d’une visite dans le Var, le dispositif national de lutte contre les feux de forêts sera localisé dans la zone sud, la plus touchée par ces sinistres. 

Sources

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