Gros coup de frayeur pour l’équipage de la station spatiale internationale (ISS). Ce jeudi 29 juillet, le module russe Nauka est venu s’arrimé à la station… et rien ne s’est passé comme prévu. Quelques heures à peine après l’arrimage, les propulseurs du module se sont allumés sans aucune raison, ce qui a eu pour effet de faire pivoter l’ensemble de la station sur 45 degrés !

«Jusqu’à ce que vous ayez épuisé tous vos plans de secours, vous n’avez pas réellement peur.» C’est ce que Joel Montalbano, directeur du programme de la Station spatiale internationale pour la NASA, a expliqué aux journalistes lui faisant (virtuellement) face le 29 juillet au soir lors d’une téléconférence.

«Et nous n’en étions pas là», a-t-il ajouté. On imagine pourtant quelques sueurs froides lécher l’échine des membres du Mission Control de Houston lorsque, quelques heures plus tôt, un module-laboratoire russe venu s’arrimer à la station semble avoir un temps mis en péril ses destinées.

Le module en question se nomme Nauka. Il s’est normalement attaché à l’ISS à 8 h 30, heure de Houston, avant que les cosmonautes russes à bord de la station ne se préparent tranquillement à ouvrir les écoutilles et créer un passage entre les deux éléments réunis.

Mais à 11 h 35, patatras et petite panique, à bord comme au sol. Pour une raison encore inconnue, Nauka s’est mis à faire fonctionner ses propulseurs de mouvement, faisant se mouvoir avec lui l’ensemble de la station.

En quelques minutes, explique Ars Technica, la station a commencé à perdre le contrôle de son altitude, ce qu’elle a fait totalement à 11 h 42. Outre le risque de devoir aller chercher Thomas Pesquet et ses camarades vers Alpha Tauri, c’est bien sûr problématique à plusieurs titres, détaille le même site.

Un positionnement précis de l’ISS est exigé pour maintenir des liens valides avec les satellites permettant sa bonne communication avec le Mission Control de Houston. Même chose pour les panneaux solaires de la station, qui alimentent l’imposant engin en électricité: un positionnement faussé et tout peut nettement se compliquer.

Enfin, tous les éléments constitutifs de la station, dont les multiples instruments de très haute précision qui permettent son bon fonctionnement ou la recherche à son bord, sont conçus pour fonctionner en zéro gravité. Les mouvements soudains et imprévisibles provoqués par ces poussées inattendues pourraient les avoir fait quelque peu souffrir.

Houston avait donc un problème, auquel elle a dû trouver une solution toutes affaires cessantes. C’est en conjonction avec Roscosmos, qui opère Nauka, que l’agence américaine a rétabli la situation. Les deux institutions ont promptement allumé la propulsion du module de service Zvezda de l’ISS ainsi que celle du vaisseau cargo russe Progress, afin de contrer la poussée effectuée par Nauka.

La NASA et Roscosmos ont ensuite attendu que ce dernier se vide de son carburant, pour que la Station puisse définitivement retrouver son positionnement normal et le contrôle de son altitude.

Des recherches sont désormais en cours pour déterminer les conséquences de cette effrayante mésaventure, sur la Station spatiale internationale comme sur le module Nauka. Dont la brève crise de folie a d’ores et déjà fait une victime collatérale: Boeing, qui devait procéder au lancement-test crucial de sa capsule Starliner le 30 juillet, a dû le repousser et doit prendre son mal en patience quelques jours encore.

Sources

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