Il y a plus d’une centaine d’années, la voiture électrique était plus performante et plus économique que son équivalent essence. Pourquoi n’est-elle donc pas devenue la norme ? Une étude suédoise récente s’est intéressée au sujet et explique les raisons de cet échec.

Plus économique et plus performante

Alors que nous parlons aujourd’hui d’un futur où les véhicules électriques seront au cœur de la mobilité, cela aurait en réalité déjà pu se produire à la fin du XIXe siècle. Et si l’automobile électrique avait connu un essor à cette époque ? Il s’agit de l’uchronie qu’a tenté d’explorer et d’expliquer une équipe de l’Université de Lund (Suède) dans une étude publiée dans Engineering and Technology le 14 octobre 2021.

Selon les chercheurs, si les États-Unis avaient connu un développement des infrastructures électriques quinze ou vingt plus tôt, la majorité des constructeurs automobiles auraient probablement fait le choix de développer des véhicules électriques. Rappelons tout de même que contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, les premières voitures fonctionnaient à l’électricité et non à l’essence.

Lors de l’Exposition internationale d’électricité en 1881, l’ingénieur électricien français Gustave Trouvé avait en effet présenté une voiture électrique. Or, l’engin était en concurrence avec d’autres voitures à vapeur ou embarquant un moteur à explosion. À la même époque, la voiture électrique permettait également des performances plus probantes. En effet, la « Jamais Contente » (voir image ci-après) fut la première automobile à passer la barre des 100 km/h en 1899.

Un potentiel étouffé dans l’œuf

Les chercheurs suédois soulignent que les premières générations d’automobiles étaient plutôt légères et petites. Ainsi, leur autonomie en énergie est assez bonne. De plus, l’électricité étant bon marché, notamment dans les années 1920. À cette époque, il aurait donc été plus économique d’utiliser des automobiles électriques plutôt que des véhicules à moteur thermique. Seulement, voilà, les infrastructures adéquates n’ont été développées à temps, ce qui a étouffé dans l’œuf le potentiel essor des véhicules électriques.

Voici une des raisons de ce fiasco : à l’époque, la fourniture d’électricité aux ménages n’était pas rentable pour les producteurs d’électricité privés. Cela a pourtant changé vers 1930 avec le New Deal de Franklin Roosevelt, mais l’occasion pour la voiture électrique de s’imposer était alors déjà passée. Il faut dire que très tôt, même les zones rurales recevaient un approvisionnement en essence. En effet, les magasins de ces régions stockaient d’importantes quantités de carburant à destination des équipements agricoles.

Évidemment, les émissions de GES n’auraient pas été aussi importantes durant un siècle si les véhicules électriques s’étaient imposés. Cependant, au-delà de la question des émissions, il faut savoir que les mœurs avaient aussi penché dans la balance. En effet, la voiture électrique était davantage considérée comme à la fois un produit de luxe et un moyen de transport convenant aux femmes. Au contraire, la voiture à essence était plus « aventureuse » et recevait un plus grand intérêt de la part de la gent masculine.

Sources

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