Rocket Lab est une des entreprises les plus en vue du New Space, et elle pourrait encore gagner en importance avec Neutron, son nouveau lanceur.

Dans le monde du New Space, il existe de nombreuses entreprises capables de faire des lancements vers l’orbite, mais aucune n’est pour le moment en mesure de faire de l’ombre au géant SpaceX qui domine sans partage le petit monde des lanceurs. Face à cette situation qui paraît inchangeable, plusieurs petits signes montrent que tout n’est pas si rose du côté du Texas. En effet, il y a quelques jours à peine, Elon Musk expliquait dans un e-mail interne que son entreprise était en grande difficulté financière. Selon lui, les différents retards de développement de SpaceX dans la mise en place d’une nouvelle génération de moteurs Raptors pourraient avoir raison de la société entière, dont la situation économique est déjà très compliquée.

Hasard du calendrier ou preuve d’opportunisme, la société néo-zélandaise Rocket Lab vient de présenter son tout nouveau lanceur, entièrement réutilisable, Neutron. Ce dernier est composé d’un corps unique. Légère, la fusée est faite de carbone, une avancée de taille pour le monde du New Space qui se bat contre les questions du poids des lanceurs. « Voici à quoi devrait ressembler une fusée en 2050. Mais nous la construisons aujourd’hui » a annoncé Peter Beck, PDG de Rocket Lab lors de la présentation de cette dernière.

40 mètres de haut pour 15 tonnes de charge utile

La fusée de Rocket Lab ne mesurera que 40 mètres de haut. C’est malgré tout le double d’Électron, le lanceur actuel de la firme. Propulsée par sept moteurs, cette nouvelle fusée devrait être capable de mettre entre huit et 15 tonnes en orbite. D’après la société, cette fusée devrait être une alliée de poids pour déployer des constellations comme Starlink ou encore Kuiper, le projet d’internet par satellite par Amazon.

Mais Beck, lors de la présentation de la fusée, a assuré que la fusée devrait avoir d’autres utilités, notamment en ce qui concerne les vols spatiaux habités, et ainsi positionner Rocket Lab dans le marché naissant des entreprises de tourisme spatial aux côtés de SpaceX, Virgin Galactic et Blue Origin.

Une fusée 100 % réutilisable en un seul bloc

La grande spécificité de cette nouvelle fusée devrait donc résider dans sa conception. En effet, elle ne sera pas composée en « étage » comme c’est le cas sur la très grande majorité des fusées aujourd’hui en déploiement dans le monde. Les Falcon 9 de SpaceX sont par exemple divisées entre les boosters, qui reviennent sur Terre après chaque vol afin d’être relancés dans le futur. Mais Rocket Lab n’aura nullement besoin de boosters.

L’entreprise va récupérer tous les éléments de sa fusée, ou presque, afin de la faire voler à nouveau dans le futur. Plus surprenant encore, le carénage qui protège la charge utile de la fusée lors de sa montée à travers l’atmosphère ne devrait pas se détacher comme c’est le cas aujourd’hui sur toutes les fusées. Ce dernier va simplement s’ouvrir une fois le point de largage atteint, permettant à la charge utile de rejoindre l’orbite sans que la fusée ne perde la moindre pièce.

Il faudra néanmoins être patient avant de voir Rocket Lab faire voler sa Neutron. Cette dernière n’est encore qu’un projet, elle ne devrait pas prendre les airs avant 2024.

Sources

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