La NASA annonce que la durée de vie de la Station Spatiale internationale (ISS) est à nouveau prolongée jusqu’en 2030. Une annonce qui doit d’abord être validée par le vote du budget par le Congrès, mais qui est d’ores et déjà d’importance pour la recherche scientifique spatiale.

Lancée en 1998, la Station spatiale internationale qui a aujourd’hui 20 ans est un outil stratégique qui a permis de réaliser d’énormes avancées dans différents secteurs technologiques.

Les opérations de l’ISS jouent donc encore les prolongations pour le plus grand bonheur des chercheurs de la NASA. Aujourd’hui d’une masse de 419 tonnes et de 100 mètres de longueur avec un espace habitable équivalent à un Boeing 747, la station devait initialement interrompre ses activités en 2016, mais elle continue encore et encore sous l’administration de Joe Biden qui a décidé de prolonger sa durée de vie jusqu’en 2030.

Au total, seize pays participent à l’ISS, dont notamment la Russie, le Japon, plusieurs pays européens et le Canada. Un équipage de six astronautes occupe en permanence la structure avec des rotations allant jusqu’à six mois.

Une annonce importante au niveau géopolitique

Dans ce laboratoire dédié à la recherche, le plus grand jamais mis sur orbite, les instruments à bord de l’ISS ont notamment permis de réaliser d’énormes avancées dans différents secteurs technologiques, l’environnement avec les études sur le changement climatique, la santé ou encore l’éducation.

« L’espace a toujours été très haut dans les agendas politiques, même en France. Aux États-Unis, ça se traite au niveau de la vice-présidence. Donc là, c’est une annonce de la Maison Blanche, il faut encore que ça soit accepté par le Congrès au moment de la présentation du budget, explique Nathalie Tinjod, chargée des relations internationales et cheffe du projet histoire à l’Agence spatiale européenne. C’est quelque chose qui est annoncé, mais qui n’est pas encore financé. C’est une première annonce. »

Cette annonce est importante sur le niveau géopolitique parce que l’ISS est quand même le plus gros partenariat international en matière de coopération spatiale, donc avec les Américains, les Russes, les Canadiens, les Japonais et les Européens.

« C’est quand même un gros partenariat qui est préservé si l’on pense au fait qu’il y a la Russie dans ce partenariat, qui est préservé des régimes de sanction ou de méfiance par rapport aux activités sur Terre. Ce n’est pas facile de faire travailler les Russes et les Américains ensemble. C’est aussi un message que la Station reste un outil de diplomatie spatiale, un domaine qui est préservé. »

L’état de santé de la station

En exercice depuis plus de vingt ans, l’ISS est aujourd’hui vieillissante. Pour preuve, l’engin, grand comme un terrain de football, connaît depuis quelques années des avaries régulières, dont quelques fuites.

« Thomas Pesquet, quand il est redescendu de la Station, il n’y a pas très longtemps, la capsule a fait un tour de la Station et Thomas a pris des photos qui, pour le coup, étaient des photos techniques, pour vérifier que tout allait bien, que la Station n’avait pas était trop endommagées par des météorites ou par l’usure tout simplement. Il a aussi changé les panneaux solaires pendant ses sorties extra véhiculaires. Donc, on continue finalement à l’améliorer », précise Nathalie Tinjod.

Un bras, le bras robotique européen, et un nouveau nœud russe ont également été ajoutés à l’ISS. Donc la station est un peu comme un lego qui continue à se monter, et il y aura des requalifications à faire pour être sûrs qu’elle puisse tenir jusqu’à 2030.

« Mais normalement si les Américains l’annoncent, c’est qu’ils sont assez confiants, que cela peut se faire en toute sécurité. Et ensuite, cela veut dire aussi que la Station, il y avait des interrogations de ce point de vue, reste un élément majeur du plan de transition des Américains. Cela signifie qu’en attendant que ses stations commerciales soient prêtes, on continue avec la Station spatiale pour assurer une inoccupation interrompue de l’espace par les humains. »

Sources

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