La durée minimale d’un voyage vers Mars est estimée à six mois. Mais des chercheurs de l’université McGill (Canada) pensent pouvoir rejoindre la planète rouge en seulement 45 jours. Pour cela, ils utiliseraient un réseau de lasers d’une largeur de 10 mètres de diamètre, et d’une puissance de 100 mégawatts.

Pour le milliardaire Elon Musk, fondateur de l’entreprise SpaceX, la planète Mars abritera un million d’êtres humains à l’horizon 2050. Une ambition jugée complètement irréaliste pour de nombreux scientifiques, qui arguent que les technologies actuelles ne permettent pas d’envisager la vie à long terme sur la planète rouge. L’approvisionnement des astronautes en vivres constitue un premier obstacle majeur, sachant qu’il faut aujourd’hui compter plus de six mois pour un voyage depuis la Terre et que les cargaisons seraient exposées à d’importants rayonnements cosmiques. De quoi compromettre la préparation d’une omelette spatiale.

Dès lors, les ingénieurs du monde entier ont sûrement été surpris par le défi que la NASA leur a lancé en 2018 : imaginer un dispositif capable d’envoyer 1 000 kilos de charge utile sur Mars, en seulement 45 jours. Après trois ans de recherche, une équipe de scientifiques de l’université McGill, située à Montréal (Canada), pense avoir trouvé la solution idéale. Selon eux, l’objectif pourrait être atteint en utilisant un réseau de lasers infrarouges de 10 mètres de diamètre générant une puissance totale de 100 mégawatts, ce qui représente la consommation en électricité annuelle d’une vingtaine de foyers français.

Horizon 2040

Concrètement, leur méthode consiste à installer les lasers sur Terre pour viser un vaisseau déjà stationné en orbite. Les faisceaux viendraient frapper l’arrière de la fusée pendant une heure afin de faire chauffer une chambre contenant du plasma à hydrogène à près de 40 000°C. Le gaz qui s’éjecterait alors de l’appareil serait suffisant pour le propulser à une vitesse de 17 kilomètres par seconde, direction Mars. Une prouesse déjà fortement hypothétique, et qui impliquerait un atterrissage encore plus complexe…

Pour ralentir sa course, il serait impossible de brûler du carburant, car celui-ci pèserait trop lourd par rapport à la taille du vaisseau. Il faudrait donc avoir recours à l’aérofreinage, une manœuvre de mécanique spatiale permettant de décélérer un engin spatial en exploitant les forces de frottement exercées par l’atmosphère de la planète. Un procédé particulièrement risqué, qui provoquerait une chaleur phénoménale. Conscients des problèmes qu’il leur faudra encore résoudre, les scientifiques espèrent que leur laser pourra voir le jour à l’horizon 2040.

Sources

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