Faible couverture vaccinale, manque d’eau et manque d’hygiène, entassement des populations… Tous les ingrédients sont réunis pour un rebond épidémique de la Covid-19 en Ukraine.

L’épidémie a marqué le pas depuis plusieurs semaines partout dans le monde. En Ukraine aussi, les indicateurs étaient plutôt bons, juste avant le début de la guerre. Le nombre de nouveaux cas chaque jour était inférieur à 25.000 au 24 février 2022 pour 44 millions d’habitants. Par comparaison, en France, il y a en ce moment environ 45.000 nouveaux cas par jour pour 67 millions d’habitants.

Cependant, les derniers évènements risquent de changer la donne dans ce pays. La situation humanitaire est « catastrophique » selon Médecins Sans Frontières. À Marioupol en particulier, « il n’y a ni eau, ni électricité, ni chauffage ». Les infrastructures publiques, dont les hôpitaux, ont subi de lourds bombardements. Pour ceux qui sont encore debout, les stocks de matériel médical sont « épuisés ». Dans ce contexte, faut-il craindre un rebond de l’épidémie de Covid-19 en Ukraine ?

Un contexte favorable à la propagation du virus

Premièrement, l’Ukraine affiche une couverture vaccinale contre le SARS-CoV-2 plutôt faible, de l’ordre de 35 %. Par comparaison, en France, 79,4 % de la population, toutes tranches d’âge comprises, a un schéma vaccinal complet.

Deuxièmement, la guerre qui fait rage actuellement oblige les populations à s’entasser dans les métros ou les transports en commun. Des lieux mal ventilés et non conçus pour recevoir autant de personnes en même temps. Nul besoin de préciser que les manques à la fois d’eau et d’hygiène favorisent la propagation des maladies, y compris celle liée au SARS-CoV-2.

Troisièmement, on sait que le SARS-CoV-2 se propage mieux par temps froid. Les prévisions météorologiques annoncent un air glacial sur l’est de l’Europe, dont l’Ukraine, pour les prochains jours. Des températures comprises entre -10 et -18 °C sont prévues.

L’impossible prise en charge des patients

Des hôpitaux ont été abimés par les bombardements et le matériel médical manque. Ceux encore fonctionnels sont submergés par les blessés de guerre. Le 27 février 2022, le directeur général de l’OMS alertait sur le manque d’oxygène médical en Ukraine. De plus, c’est un gaz comburant et son transport en zone de guerre est dangereux. Dans ce contexte, la prise en charge correcte des personnes faisant une forme grave de la maladie à Covid-19 est plus que compromise.

Enfin, le gouvernement ayant d’autres priorités, le comptage des cas et le suivi de la propagation du virus paraissent illusoires. S’il est quasiment certain que le contexte actuel favorise la propagation du virus, on ne pourra jamais la quantifier précisément. De plus, la vaccination des personnes à risque non encore vaccinées ou le respect des gestes barrières passent au second plan au regard de la guerre en cours.

Sources

Profitez-en pour vous abonner  et suivre d’autres reportages tout aussi passionnants.