C’était malheureusement attendu : l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a annoncé il y a quelques heures la suspension de la mission ExoMars, cette dernière ne pouvant être menée à bien sans la participation de l’Agence spatiale russe Roscosmos. Suite aux sanctions économiques qui ont frappé la Russie dans la foulée de l’invasion armée en Ukraine, le Roscosmos s’était retiré du projet. ExoMars se retrouvait donc immédiatement dans le flou étant donné que le lanceur Proton, l’atterrisseur Kazatchok et des instruments du Rover Rosalind Franklin étaient de conception russe.

C’est donc logiquement que Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA, a confirmé la suspension d’ExoMars : « Ce lancement ne peut pas se produire au vu des circonstances actuelles. Sur le plan pratique mais aussi politique, il est impossible d’avoir un lancement en septembre (date de lancement initialement prévue du Rover, Ndlr)« . Il se murmure déjà que l’ESA pourrait se rapprocher de la NASA pour repartir sur de bonnes bases avec ExoMars, l’agence spatiale américaine ayant déclaré qu’elle souhaitait soutenir le projet.

Dans le meilleur des cas possibles, il semble désormais improbable que le rover Rosalind Franklin puisse explorer le sol de Mars avant 2024, mais le créneau le plus réaliste reste 2026 voire 2028. Pour rappel, la Russie a aussi suspendu sa collaboration avec ArianeEspace et a retiré ses ingénieurs de la base de Kourou en Guyane, ce qui pourrait entrainer le report de plusieurs lancements dont celui d’Ariane 6 (toujours prévu pour 2022).

Sources

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