Apophis passera le vendredi 13 avril 2029 à seulement 32.000 kilomètres de la Terre et sera visible à l’œil nu.

Il a été découvert en juin 2004. C’est un astéroïde de quelque 350 mètres et d’environ 27 millions de tonnes. Et l’espace de quelques semaines, la communauté scientifique s’était inquiétée d’un impact possible avec notre Terre en avril 2029. Quelques semaines seulement. Car dès le mois de décembre 2004, des données d’archive ont montré que la collision était très improbable. Et de nouvelles données recueillies depuis – notamment à l’occasion du passage d’Apophis à seulement 17 millions de kilomètres de notre Terre, le 6 mars 2021 – ont encore éloigné le risque. L’orbite de l’astéroïde est désormais suffisamment définie pour exclure, avec certitude, tout impact pendant au moins cent ans.

« La collision n’est pas la seule possibilité dans les événements d’approche comme celui-ci », précise Gabriel Berderes-Motta, chercheur à l’université de Madrid (Espagne), dans un communiqué. « L’interaction gravitationnelle entre une planète et un corps comme Apophis peut modifier la forme du corps, le briser en morceaux, désintégrer d’éventuelles roches détachées à la surface de l’astéroïde ou même éliminer d’autres corps en orbite autour de l’astéroïde (des roches, des satellites ou des anneaux). »

Avec son équipe, il a analysé les caractéristiques physiques d’Apophis. Sa forme. Ainsi que son champ gravitationnel. Et les facteurs qui pourraient influencer sa trajectoire et son angle de pente. La pression de radiation, par exemple. Ou les perturbations dues à ses passages à proximité de la Terre.

Apophis ne s’en sortira pas indemne

Les chercheurs ont réalisé une série de simulations numériques pour essayer justement de comprendre comment les objets – des particules, essentiellement – en orbite autour d’Apophis pourraient être touchés par un rapprochement avec notre Planète. Dans un premier cas, tenant compte uniquement des perturbations gravitationnelles. Dans un second cas, incluant les perturbations dues à la pression du rayonnement solaire. Le tout par périodes de 24 heures sur une durée de 30 ans. Avec une densité d’objets en orbite variable.

La conclusion, c’est que l’angle d’incidence de l’astéroïde apparaît plus important pour une faible densité d’objets en orbite (4°) que pour une forte densité (2°). Par ailleurs, lorsque la densité des particules diminue et que la pression du rayonnement solaire augmente, ces objets en orbite peinent à rester intacts. Et finalement, dans un scénario où Apophis aurait une faible densité, environ 90 % des roches détachées à sa surface seraient arrachées à l’approche de la Terre. Les chercheurs montrent aussi que l’approche d’Apophis pourrait avoir une incidence minime sur les marées et produire quelques glissements de terrain à la surface de l’astéroïde.

Les astronomes espèrent désormais profiter du passage d’Apophis à proximité de notre planète en 2029 pour affiner leur modèle. Et mieux prévoir, à l’avenir, les effets que pourraient avoir les événements d’approche d’astéroïdes en général.

Sources

Profitez-en pour vous abonner  et suivre d’autres reportages tout aussi passionnants.