La vague de chaleur a atteint son pic au cours du week-end avec près de 50 °C enregistrés au Pakistan et plus de 47 °C en Inde. Le dôme de chaleur qui recouvre l’Asie du Sud depuis mi-mars a également favorisé le déclenchement de milliers d’incendies.

Plus de 10 % de la population mondiale a été concernée par une vague de chaleur hors-normes, soit un milliard de personnes. Le pic d’intensité a été atteint le week-end dernier avec des valeurs exceptionnelles enregistrées : le Pakistan a relevé 49,5 °C à Nawabshah et 49 °C Jacobabad. En Inde, le mercure est monté jusqu’à 47,2 °C à Khanpur et à Banda. Pour ces deux pays, cela représente des températures de 5 à 10 °C au-dessus des moyennes de saison. Au cours de la nuit de dimanche à lundi, les températures minimales sont restées excessivement élevées : entre 29 et 32 °C.

Même si ces records de température sont impressionnants, c’est davantage la durée de l’événement qui est remarquable au niveau météorologique : ces températures caniculaires ont résisté pendant six semaines, de mi-mars à début mai. Rappelons que le mois de mars 2022 a été le plus chaud enregistré depuis le début des relevés météo, soit depuis 122 ans. La température moyenne enregistrée au niveau national en mars s’est élevée à 33,1 °C, battant les 32,7 °C de mars 2021. Pour le nord et le centre de l’Inde, le mois d’avril 2022 a également été le plus chaud jamais enregistré. Mais au niveau national, il s’agit du quatrième mois d’avril le plus chaud enregistré depuis le début des relevés.

Près de 8.000 incendies en 3 jours

Cette chaleur extrême, associée à des sols extrêmement secs avec un déficit de 72 % de précipitations en mars, a favorisé le déclenchement d’incendies. Plus de 7.800 feux de forêts ont été signalés en l’espace de trois jours, en fin de semaine dernière, dans les zones de Maharashtra, Uttar Pradesh, Odisha, Madhya, Pradesh et bien d’autres. La multiplication des incendies et la perte de grandes cultures ont fait exploser le prix du blé depuis fin mars.

Près de 300 feux considérés comme « majeurs » ont ravagé des espaces naturels, parmi lesquels la réserve de tigres Melghat, située à Amravati. De nombreux incendies auraient également débuté dans des centrales photovoltaïques. La chaleur a été si intense que les installations ont surchauffé et pris feu. D’autres incendies se sont déclenchés dans les décharges à ciel ouvert des grandes villes, générant une pollution particulièrement nocive.

Un dôme de chaleur persistant en cause

Alors que la plupart des habitants de l’Asie du Sud, Inde et Pakistan en particulier, n’ont pas accès à la climatisation, et travaillent majoritairement dehors, l’inquiétude grandit pour les prochaines semaines : le mois de mai est généralement le plus chaud de l’année, juste avant la mousson qui débute en juin. La persistance du dôme de chaleur sur ces pays en mars et en avril est probablement en partie liée au phénomène climatique La Niña, qui va persister jusqu’à la fin de l’été. La Niña, un refroidissement des eaux du Pacifique qui a des conséquences sur le climat mondial, est connue pour engendrer de longues périodes chaudes, de manière répétitive, sur l’Inde. De plus, selon le Giec, le sud de l’Asie est la zone la plus touchée par l’augmentation des vagues de chaleur liées au réchauffement climatique.

Après un mois et demi de canicule, le phénomène touche à sa fin ces prochains jours : les températures chutent déjà de 3 à 5 °C ce lundi, et vont redescendre au niveau des normales en milieu de semaine. Une nouvelle hausse des températures est par contre attendue la semaine prochaine.

Sources

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