Et relance le débat : « les robots surpasseront-ils l’intelligence humaine ? »

On a récemment vu un véhicule autonome feindre une tentative de fuite après une interpellation par la police sur une route de San Francisco aux USA. Après analyse, il s’agissait d’une manœuvre effectuée dans le but de respecter le code de la route. C’est dire les progrès actuels en matière de robotique et d’intelligence artificielle. Elon Musk vient réchauffer l’attention des observateurs en la matière avec l’annonce de la future entrée en production du nouveau robot humanoïde Optimus de Tesla. Il ravive du même coup le débat sur la question de savoir si les robots finiront par surpasser les humains en intelligence.
Le Tesla Optimus a fait l’objet de présentation pour la première fois en 2021 lors de la journée dédiée à l’intelligence artificielle au sein de l’entreprise. Elon Musk avait alors souligné qu’il ne s’agirait pas d’une vague idée, mais d’un véritable produit. Aujourd’hui, environ neuf mois plus tard, il est devenu un peu plus précis. La machine pèserait environ 60 kg et mesurerait environ 1,77 m. Elle sera contrôlée par reconnaissance vocale. Le robot peut se déplacer à une vitesse allant jusqu’à huit kilomètres par heure et peut porter des objets pesant 20 kilogrammes. Lorsqu’il est en position de repos, Optimus serait capable de soulever près de 70 kilogrammes, chaque bras gérant 4,5 kilogrammes lorsqu’il est étiré. Son entrée en production est prévue au cours de l’année 2023. Le robot viendra s’occuper des tâches soit très répétitives et donc ennuyeuses pour les humains ou de celles qui sont dangereuses.
Ces développements devraient prendre une ampleur encore plus importante dans un futur pas si éloigné avec l’arrivée de l’intelligence artificielle dite générale (AGI). De 2017 (où Elon Musk affirmait que l’intelligence artificielle est un risque fondamental pour l’humanité) à 2020 en passant par 2019 (où il a déclaré que l’IA est bien plus dangereuse que l’arme nucléaire), la position du milliardaire de la Tech. sur la question reste donc constante. Les craintes d’Elon Musk portent notamment sur ceci que les avancées dans la filière pourraient déboucher sur une intelligence artificielle dite générale (AGI). Ce serait alors la porte ouverte sur l’accomplissement de l’apocalypse. Des équipes de recherche comme celle d’OpenAI sont lancées sur ce couloir. Si l’on se réfère à des retours de scientifiques œuvrant dans le domaine, l’AGI pourrait nous tomber dessus dans 5 à 10 ans.
Les machines seraient alors dotées de « bon sens ». Au stade d’intelligence artificielle générale, elles seraient capables de réflexion causale, c’est-à-dire de cette capacité à raisonner sur « le pourquoi les choses se produisent. » C’est ce palier que les équipes de recherche dans le domaine visent.

« Ça fait dix ans que je lance cette alerte. Nous devrions nous inquiéter de la direction que prend l’intelligence artificielle. Les personnes que je vois se tromper le plus sur ce sujet sont celles qui sont très intelligentes, ce, parce qu’elles ne peuvent pas imaginer qu’un ordinateur puisse être beaucoup plus intelligent qu’elles. C’est la faille de leur raisonnement. Elles sont juste beaucoup plus bêtes qu’elles ne le pensent », lançait Elon Musk dans une de ses précédentes sorties.

C’est d’ailleurs pour cela que sa société Neuralink travaille sur des interfaces cerveau – machine à insérer dans le crâne pour préparer l’humanité à un « funeste » futur où les robots domineront sur elle. Celles-ci sont en principe prêtes depuis la mi-parcours de l’année 2019 pour des tests sur les humains. L’entreprise continue de jouer la carte de la sûreté en menant des tests sur des animaux. Le dernier portait sur un singe qui a reçu un implant cérébral. Grâce à ce dernier, il peut jouer aux jeux vidéo en faisant usage de son esprit. La société californienne Synchron a déjà effectué des essais d’implants cérébraux de la taille de trombones sur des patients humains. Ces derniers ont ainsi pu effectuer des clics et des saisies sur ordinateur sans lever le doigt.
En attendant d’y être, l’intelligence artificielle actuelle fait montre de limites importantes. Bien qu’on s’appuie déjà sur celle-ci pour diagnostiquer des maladies, effectuer des traductions ou encore transcrire des paroles, le fait est qu’elle peut être mise en déroute par des cas de figure pour lesquels elle n’a pas été entraînée au préalable. À titre d’illustration, un système d’intelligence artificielle entraîné pour identifier des chats doit passer par un autre processus d’apprentissage pour pouvoir servir à la reconnaissance de chiens, ce, avec le risque de perdre une partie de l’expertise acquise sur la tâche initiale.
La question est de savoir si les dérives ne pourraient pas être pires avec une intelligence artificielle générale fait alors surface. La pire d’entre toutes serait que la machine finisse par se retourner contre son créateur. Chaque année, le Saint-Père demande aux catholiques du monde entier de dédier une intention de prière spécifique pour chaque mois. Pour le mois de novembre 2020, le Pape François a demandé de prier pour que les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle soient toujours au service de l’humanité. Son appel redonne un coup de neuf aux questionnements sur la possibilité que la situation inverse se produise : une humanité dominée par la machine comme prédit par de nombreuses productions cinématographiques à l’instar de Terminator, Matrix ou encore i-Robot.

Sources

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