Le gouvernement américain souhaite de nouveau bannir cette application soupçonnée d’être un outil de surveillance au service du parti communiste chinois.

Le ton monte aux États-Unis vis-à-vis de TikTok, appli chinoise à la popularité en pleine expansion, qui permet de diffuser (et regarder) des vidéos… rigolotes. Brendan Carr, président de la Commission fédérale des communications (Federal Communications Commission, FCC), a envoyé une missive aux PDG d’Apple et de Google, Tim Cook et Sundar Pichai, pour leur demander de supprimer TikTok de leurs boutiques applicatives respectives. Et s’ils ne le font pas, Brendan Carr leur donne jusqu’au 8 juillet pour s’expliquer sur ce refus d’obtempérer. Bref, ça ne rigole pas.

Un « Master Admin » à Pékin

Cette nouvelle action de défiance envers TikTok résulte, cette fois-ci, d’une enquête réalisée par BuzzFeed et que Brendan Carr cite explicitement dans sa lettre. En effet, le site Web a réussi à mettre la main sur les enregistrements de plus de 80 réunions internes de ByteDance à propos de TikTok. Ils révèlent que les ingénieurs chinois de l’éditeur ont accédé aux données des utilisateurs américains entre septembre 2021 et janvier 2022, et qu’il existerait même quelqu’un à Pékin qui serait un « Master Admin », capable « d’accéder à tout », et cela alors que « TikTok a expliqué maintes fois que les données collectées sur les Américains seraient stockées aux États-Unis », souligne le président de la FCC, qui ne voit dans cette appli qu’un mouchard chinois.

« TikTok n’est pas ce qu’elle paraît être. Ce n’est pas juste une appli pour partager des vidéos ou des mèmes rigolos. Ça, c’est le déguisement d’agneau. Au fond, TikTok fonctionne comme un outil de surveillance sophistiqué qui récolte une quantité importante de données personnelles et sensibles. En effet, TikTok collecte tout, de l’historique de recherche et de navigation aux frappes de clavier et aux identifiants biométriques (…) Elle collecte des données de géolocalisation aussi bien que des brouillons de messages et des métadonnées. Et elle collecte aussi le texte, les images et les vidéos stockées dans le presse-papier de l’appareil », peut-on lire dans la lettre.

Cette défiance envers TikTok n’est pas nouvelle. En août 2020, Donald Trump avait déjà signé un décret présidentiel visant à interdire toutes relations économiques avec ByteDance, l’éditeur de cette application, en raison de ce siphonnage présumé. Mais en juin 2021, Joe Biden a finalement annulé ce bannissement. Il faut dire que TikTok avait noué un partenariat avec Oracle pour pouvoir stocker les données des utilisateurs américains. Mais, comme l’article de BuzzFeed semble le montrer, ce projet est loin d’être clair. Finalement, on ne sait pas vraiment quelles données sont véritablement stockées et, surtout, qui peut y accéder. L’avenir de TikTok aux États-Unis n’est donc pas assuré.

Sources

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