La variole du singe continue sa progression en France et dans le monde. Face à la flambée des cas, l’OMS s’est réunit ce jeudi 21 juillet 2022.

Le Comité d’urgence de l’OMS s’est réunit ce jeudi 21 juillet 2022 pour déterminer les moyens de juguler la flambée de variole du singe. Il doit notamment se prononcer sur la gravité de la recrudescence des cas, et sur sa qualification « d’urgence de santé publique de portée internationale, » le plus haut niveau d’alerte de l’organisation. Le Comité se réunit pour la seconde fois, alors qu’il avait écarté l’augmentation du niveau d’alerte lors de sa précédente réunion le 23 juin dernier.

L’Europe particulièrement touchée

En effet, le nombre de cas confirmés dans le monde a depuis fortement augmenté : le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), auteur des données les plus récentes sur le sujet, recense désormais plus de 11 000 cas confirmés dans 65 pays.

L’Europe est la région du monde la plus touchée par la variole du singe. Selon les chiffres du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) au 14 juillet, 7128 cas confirmés ont été répertoriés dans l’UE, « soit une augmentation de près de 50% par rapport à la semaine d’avant », selon la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides. L’Espagne (2477 cas) et l’Allemagne (1790 cas) sont particulièrement touchés. La France n’est également pas épargnée. Au 12 juillet, 912 cas de variole du singe étaient confirmés dans l’Hexagone, avec notamment 569 cas en Ile-de-France.

Inquiétude

Le patron de l’agence de santé onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait part à plusieurs reprises de son inquiétude face à la propagation actuelle de la maladie, d’ordinaire cantonnée à certains pays africains, et a exhorté les pays membres à prendre les mesures adéquates pour limiter les contaminations.

« Je souligne une nouvelle fois que nous devons travailler pour stopper la transmission et conseille aux gouvernements de mettre en place un traçage des cas contact pour surveiller et endiguer le virus et porter assistance aux personnes en isolement », a expliqué le Dr. Tedros lors d’une conférence de presse à Genève.

Des éruptions cutanées sur les organes génitaux ou dans la bouche

Cousine éloignée de la variole humaine, mais considérée comme bien moins dangereuse, la variole du singe guérit généralement d’elle-même au bout de deux ou trois semaines. Elle se caractérise par des éruptions cutanées, qui peuvent apparaître sur les organes génitaux ou dans la bouche, et peut s’accompagner de poussées de fièvre, de maux de gorge ou de douleurs au niveau des ganglions lymphatiques.

Le virus peut être transmis par contact direct avec les lésions cutanées ou muqueuses d’un malade, ainsi que par des gouttelettes. « Les rapports sexuels (…) réunissent ces conditions pour une contamination, et avoir plusieurs partenaires augmente le risque d’être exposé au virus », rappelle Santé Publique France.

Si dans l’écrasante majorité des cas européens et américains les malades sont des hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes, ceux-ci ne sont pas les seuls concernés, certains cas ayant également été détectés chez des enfants et des personnes immunodéprimées.

Élargissement de la vaccination

Le 20 mai dernier, la Haute Autorité de santé a mis en place « une vaccination réactive post-exposition des personnes dont le contact avec une personne infectée est considéré comme à risque d’exposition ». Le 8 juillet, face à la progression du virus, la HAS a recommandé un élargissement de la vaccination « aux groupes les plus exposés au virus ». Un avis suivi par le gouvernement.

De son côté, la Commission européenne a annoncé lundi l’achat de 54 530 doses supplémentaires du vaccin contre la variole du singe dans le cadre de son contrat avec le laboratoire danois Bavarian Nordic. Le nombre de doses achetées pour le compte des pays européens s’élève désormais à 163 620.

Sources

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