Cela fait maintenant quelque 66 millions d’années que les dinosaures ont disparu de la surface de la Terre. Mais vous êtes-vous déjà demandé quel serait le visage de notre Planète si l’astéroïde de Chicxulub n’avait pas existé ? Si les dinosaures avaient continué à évoluer ? Un chercheur l’a fait. Et ses conclusions sont… troublantes !

Aujourd’hui, l’humanité est sans doute l’espèce dominante sur la Terre. Au fil des millénaires, elle a évolué et pris le dessus sur toutes les autres. Jusqu’à dépasser, en poids, l’ensemble des autres animaux de la Planète. Et à modifier plus de la moitié de ses terres émergées. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Pendant quelque 150 millions d’années, les dinosaures ont régné en maîtres sur la Terre.

Jusqu’à ce qu’un jour, la malchance frappe à la porte de leur évolution. Sous la forme d’un astéroïde qui a laissé sa trace du côté de Chicxulub, dans la péninsule du Yucatan (Mexique). Un choc équivalent à 10 milliards de bombes atomiques. Il a assombri le ciel et « asphyxié » les plantes. Sonnant le glas de nombreuses espèces d’animaux. Y compris des dinosaures. Laissant aussi le champ libre au développement des mammifères. Parmi lesquels nos plus lointains ancêtres.

Le scénario est connu. Mais vous êtes-vous déjà demandé à quoi aurait ressemblé l’évolution si cet astéroïde avait manqué sa cible. Les dinosaures auraient-ils continué à assoir leur domination sur la Terre ? Comment se seraient-ils transformés ?

Un paléontologue américain du nom de Dale Russell (1937-2019) s’est livré à l’exercice. Il était passionné par l’étude de l’évolution de l’intelligence animale et plus encore, de l’intelligence chez les dinosaures. Ses travaux avaient déjà mené à montrer que certains d’entre eux étaient bien plus intelligents que les scientifiques le pensaient jusqu’alors. Le petit Troodon, par exemple, aurait déjà été à peu près aussi intelligent qu’un oiseau d’aujourd’hui.

Dans les années 1980, Dale Russell a imaginé comment ce dinosaure carnivore aurait pu, sans l’accident de l’astéroïde, évoluer pour devenir une créature marchant debout, sur deux pattes. Une créature intelligente, baptisée dinosauroïde et capable de mobiliser des pouces opposables pour utiliser des outils. Des travaux controversés, vous l’imaginez.

Un dinosaure comme un humain… ou un extraterrestre !

Mais revenons tout de même sur son cheminement. Pour cela, rappelons d’abord que comme les choix que nous faisons dans notre vie nous ouvrent et nous ferment des portes, le point de départ de l’évolution dirige et limite son point d’arrivée. Prenons pour exemple la super famille des sauropodes. À partir du Jurassique, ils se sont mis à grandir et à grossir. Pour atteindre parfois 30 mètres de long et jusqu’à 50 tonnes. Peut-être du fait de leurs os creux ou d’un métabolisme particulier. Les carnivores, eux, ont évolué vers le rang de super-prédateurs. Mais ce n’est qu’à la fin du Crétacé, pas si longtemps avant leur extinction, donc, que les dinosaures ont commencé à développer des cerveaux plus gros. Qui restaient toutefois modestes : 400 grammes pour celui du T-Rex contre 1,3 kilo pour un cerveau humain.

Pour revenir à Troodon, il faut savoir qu’il était un grand chasseur. Il appréciait sans doute les lézards et les petits oiseaux. Et pour les attraper, il avait besoin d’un grand cou et d’une grande queue. Mais s’il n’avait pas été fauché en pleine évolution par un astéroïde meurtrier, Dale Russell a supposé que son régime alimentaire aurait changé. Troodon aurait alors perdu l’usage de sa queue et de son long cou. Avec l’évolution de son intelligence, il se serait mis à préférer une posture verticale, modifiant sa cage thoracique. Réorientant aussi ses yeux vers l’avant pour lui offrir une vision stéréoscopique comme la nôtre. Avec pour résultat final, le désormais affectueusement nommé Herman, un dinosaure qui nous ressemble presque plus que nos véritables ancêtres connus. Mais qui a surtout un indéniable air de… petit homme vert !

Les conclusions de Dale Russell étaient guidées par une analyse sérieuse de données scientifiques, mais certains ont jugé absurde l’idée même de mener l’expérience de l’évolution d’un dinosaure. Parce que dans l’histoire de leur évolution, il n’y a finalement que peu d’indices qui pourraient laisser penser qu’ils seraient devenus quelque chose de radicalement différent sans la chute de la météorite de Chicxulub. Quelque chose d’autre que des herbivores supergéants ou des carnivores superprédateurs. Une preuve ? Quelques descendants des dinosaures, les oiseaux, ont certes des cerveaux aujourd’hui développés, mais ce sont bien les mammifères qui semblent présenter les comportements les plus complexes du règne animal.

Quant à savoir si la disparition des dinosaures est celle qui a permis cet essor des mammifères… rien n’est moins sûr. Il n’y a qu’à voir. Selon les endroits du monde, les primates ont évolué différemment. Et tous ne sont pas devenus des êtres aussi évolués que les humains. Certains ont disparu. Sans que nous sachions pourquoi. Alors, même une fois les dinosaures balayés de la surface de la Terre, il semble bien que nous ayons eu besoin d’un tout petit brin de chance pour en arriver où nous en sommes aujourd’hui !

Sources

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