Lune, Mars, Jupiter, Uranus, astéroïde, comète… C’est un sacré programme qui est en train de se préparer à l’Agence spatiale chinoise qui n’en est pas à son coup d’essai. Les prochaines missions sont financées, et le calendrier officiel se précise. Panorama.

Le programme d’exploration  du  de l’agence spatiale chinoise (China National Space Agency / CNSA) a aussi de beaux jours devant lui. La CNSA a déjà fait de magnifiques démonstrations sur la  ou sur Mars. Depuis la première fois en 2013, la Chine s’est posée deux autres fois sur le sol sélène, une fois sur la face cachée avec , et la dernière mission, Chang’e 5, a permis de rapporter sur terre près de deux kilos de roches et de poussière lunaire. Sur Mars, la mission Tianwen-1 suit son cours, avec le rover  à la surface.

Préparer le débarquement des astronautes sur la Lune

La prochaine mission lunaire à décoller est Chang’e 6, programmée en 2025 ; son matériel est conçu sur un doublon de Chang’e 5, prévu en redondance en cas d’échec. La mission devrait être de toute évidence un bis repetita, excepté que le site d’extraction se trouvera sur la face cachée. Pour cela, la CNSA a prévu en 2024 l’envoi d’un nouveau satellite relais de communication Queqiao-2.

Les instruments scientifiques embarqués dans Chang’e 6 ne sont pas non plus les mêmes. Parmi eux, un instrument français : un détecteur de radon s’échappant du sol sélène : Dorn. L’instrument est en cours de  à l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie à Toulouse.

La suite du programme lunaire automatique chinois comprend la mission Chang’e 7, prévue en 2026 qui, pour la première fois, ira explorer le pôle sud lunaire à l’aide d’un atterrisseur, d’un , et même d’un  qui survolera les cratères en permanence à l’ombre et où l’on espère trouver de la glace d’eau. Enfin, en 2028, est prévu l’envoi de Chang’e 8, mission qui tentera de réaliser des premières expériences d’utilisation de ressource in situ — ISRU –, dans le but d’établir une future base de recherche sur la Lune, le tout avec comme objectif un premier pas d’un astronaute en 2030.

Des échantillons de Mars et d’astéroïde

À la suite du succès toujours en cours avec Zhurong et Tianwen-1 et du retour d’échantillons lunaires, la Chine a décidé de monter d’un cran en complexité avec d’abord une mission d’échantillons d’. La sonde est en cours de développement et pourrait décoller en 2025. La mission de retour d’échantillons durerait deux ans et demi. L’astéroïde visé s’appelle 2016H03, son  est proche de celle de la Terre.

Une fois le retour d’échantillons accompli, la sonde Tianwen-2 verrait sa mission allongée (à l’instar d’Hayabusa 2) de sept ans pour visiter la comète 311P. Le succès d’une telle mission mettrait la Chine au même rang que le Japon et ses missions Hayabusa, et que les États-Unis, prochainement, avec Osiris-Rex dont l’arrivée des échantillons sur Terre est prévue l’année prochaine. Rappelons que la Chine est également en train de préparer une mission de déviation d’astéroïde.

Le stade ultime du retour d’échantillons est bien sûr Mars. En parallèle de la mission Mars Sample Return (MSR) de la NASA et de l’, la Chine est en train de bâtir la mission Tianwen-3. À la différence de MSR qui se décompose en trois sous-missions (dont la collecte en cours avec ), TW-3 ferait tout en deux fois. Cette architecture simplifiée pourrait permettre à la Chine de rapporter des échantillons martiens en juillet 2031, soit avant MSR ! « Pas avant 2028 » soulignent les responsables, tandis que, du côté de MSR, ce serait plutôt 2033.

En route vers les planètes lointaines

Pour la première fois de son histoire, la Chine finance une mission d’exploration lointaine : Tianwen-4. Plusieurs destinations, à commencer par . Là, TW-4 larguerait une sous-sonde qui resterait dans le système , et qui viendrait plus particulièrement se mettre en orbite autour de la lune . Rappelons que  est visée par la sonde européenne Juice et que la Nasa vise la lune Europe. Après Jupiter, Tianwen-4 continuerait sa route jusqu’à . La NASA vise aussi Uranus avec la mission UOP. De son côté, la CNSA a de nombreux autres projets de missions dans sa besace. Il est même question de sondes « Voyager » pour quitter le Système solaire.

Sources

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