Surnommé le « glacier de l’apocalypse », le glacier Thwaites menace de s’effondrer. Si cela se produit, le niveau des océans monterait d’environ 60 centimètres, engloutissant nombre de villes de bord de mer. Pour surveiller cette éventualité, des chercheurs ont développé une intelligence artificielle capable de prévoir son évolution.

Cartographié cet été par des chercheurs, le « glacier de l’apocalypse », situé en Antarctique, fond et recule plus vite que prévu et ne tient aujourd’hui plus qu’à un fil. Il doit ce surnom aux conséquences qu’aurait sa , mais s’appelle réellement le glacier Thwaites. Avec 120 kilomètres de large et 600 kilomètres de long, sa fonte totale entraînerait une hausse du niveau des mers d’au moins 60 centimètres, de quoi engloutir plusieurs villes de bord de mer.

Dans une publication de Nature Geoscience, des chercheurs ont décidé d’en savoir plus sur l’évolution du glacier. Ils ont pour cela programmé une  capable de suivre le développement de crevasses au niveau de sa ligne d’échouage, soit l’interface entre la  et sa langue glaciaire, la nappe de glace qui dépasse de la côte et se jette dans la mer. C’est à cet endroit, clé entre la partie maintenue à la couche rocheuse sous-jacente et la partie flottante, que se joue une grande partie de l’avenir du glacier.

Des interactions clés entre les crevasses et l’écoulement du glacier

L’intelligence artificielle (IA) qu’ont programmée les chercheurs a utilisé des données recueillies par les satellites Sentinel-1 de l’ durant la dernière décennie. Elles lui ont permis de voir à travers la couche supérieure de neige du glacier Thwaites, donc de voir sa surface de glace, et surtout son évolution. 

Et d’après l’analyse résultante, le recul de la ligne d’échouage a accéléré et ralenti deux fois au cours des six dernières années, atteignant un maximum de 6 km/an avant de ralentir à nouveau. Mais aussi, l’étude a révélé un lien étroit entre la  d’écoulement de la glace et la formation de crevasses : plus l’écoulement s’accélère, plus des crevasses se forment. Inversement, la fracturation de la glace modifie la vitesse d’écoulement. Impliquant une nécessité de revoir les modèles, qui pour l’instant ne prennent pas ce paramètre en compte. Le « glacier de l’apocalypse » pourrait ainsi fondre bien plus tôt que prévu.

Sources

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