Les émissions de méthane sont saisonnières et des molécules organiques sont emprisonnées dans des roches sédimentaires anciennes : les dernières découvertes de Curiosity sont de bon augure pour la suite de l’exploration et l’étude de Mars. La NASA, l’ESA et le Cnes vont s’affairer à découvrir des indices d’une forme de vie passée avec les rovers ExoMars 2020 et Mars 2020, nous explique Francis Rocard.

Le mois de mars 2018 verra à la fois le lancement d’un mini-lanceur privé, d’une constellation géante constituée de mini-satellites, d’un explorateur de la frontière entre la Terre et l’espace et le début de mission d’un renifleur de méthane sur Mars. Trépidant ! Voici le programme de ce mois de Mars 2018.

La mission « ExoMars » signe l’alliance de l’Europe et de la Russie dans l’exploration spatiale. Plongée au cœur d’un projet fascinant qui suscite fantasmes et controverses. Y a-t-il ou y a-t-il eu de la vie sur Mars ? La mission européenne « ExoMars », menée en coopération avec l’Agence spatiale russe Roscosmos, ambitionne de résoudre ce grand mystère. Après le lancement de l’atterrisseur Schiaparelli le 14 mars 2016, le programme compte envoyer en 2020 un robot capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur pour prélever des échantillons sur la planète.

À moins qu’un habitant de Mars saute devant la caméra d’un rover, y découvrir des traces de vies fossilisées ou en activité sera très difficile. D’abord parce que si on a la certitude que la planète a été habitable dans son passé, rien ne prouve aujourd’hui qu’une forme de vie primitive ait pu s’y développer. Frances Westall, directrice de recherche au CNRS et responsable de l’équipe Exobiologie du Centre de biophysique moléculaire, nous explique la difficulté de débusquer des micro-organismes martiens.

La NASA bénéficie d’une avance considérable sur Mars. Après ses robots explorateurs déjà sur place, l’agence spatiale américaine développe maintenant des drones pour les missions à longue portée. Pour sa part, l’Agence spatiale européenne (ESA) reste encore à l’étude de l’atmosphère martienne avec la sonde Trace Gas Orbiter qui orbite autour de la planète rouge. Mais l’ESA passera à la vitesse supérieure avec la mission ExoMars 2020.

Le programme ExoMars regroupe deux missions spatiales à destination de la planète Mars développées par l’Agence spatiale européenne (ESA) avec une participation importante de l’agence spatiale russe Roscosmos : l’orbiteur, ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) et l’atterrisseur Schiaparelli lancés le 14 mars 2016 et le Rover ExoMars dont le lancement, initialement planifié pour mai 2018, est actuellement prévu pour 2020.

Le module européen Schiaparelli qui s’est posé mercredi sur Mars ne donne aucun signe d’activité et son sort préoccupe les scientifiques qui ignorent s’il a « amarsi » sans encombre ou s’il s’est écrasé, a dit jeudi l’Agence spatiale européenne (ESA).

Les informations du module Schiaprelli se font attendre. Les données reçues ne permettent pas de savoir si l’engin s’est correctement posé. Il va falloir attendre les informations plus complètes qui seront envoyées par la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter d’ici une heure ou deux.

La mission ExoMars 2016 va bientôt connaître un tournant. En effet, mercredi 19 octobre, la capsule Schiaparelli atterrira sur la Planète rouge. Quant au satellite TGO, il s’insérera dans l’orbite de Mars pour étudier son atmosphère. Fabriqués par Thales Alenia Space, les deux engins ont connu un développement chaotique qui a failli contraindre l’ESA (Agence spatiale européenne) à abandonner la mission ! Aujourd’hui, c’est de l’histoire ancienne. Franck Montmessin, directeur de recherche CNRS au laboratoire Atmosphères, milieux, observations spatiales (Latmos), nous explique les enjeux scientifiques de cette mission.