À la NASA, on estime maintenant que les réserves de James Webb pourraient lui permettre de fonctionner pendant vingt ans.

Les dernières estimations de la NASA suggèrent que la carrière opérationnelle du télescope pourrait s’étendre sur vingt ans au total. En fait, la durée de vie de l’observatoire pourrait être quadruplée par rapport aux cinq années qui étaient initialement évoquées.

Cette évaluation a été donnée le 8 janvier 2022 par Mike Menzel, l’ingénieur systèmes de James Webb au sein de l’agence spatiale américaine, lors d’un échange avec une personne lui demandant s’il était possible d’étendre d’une façon ou d’une autre son fonctionnement. 

« Nous disposons d’une marge de carburant assez importante par rapport au cap des dix ans », a fait observer Mike Menzel. À tel point, a-t-il ajouté, que les équipes évaluent les réserves actuelles à « environ 20 ans de propergol ». C’est considérable par rapport aux espérances de départ. Mais l’intéressé a souligné qu’il s’agit d’une estimation grossière qui doit encore être affinée.

Ariane 5 a fait le job

Comment se fait-il que le télescope, qui est parti avec un volume précis d’ergol (son carburant), soit aujourd’hui en mesure de quadrupler potentiellement sa carrière opérationnelle ? Deux facteurs ont joué : la qualité du lancement effectué par la fusée européenne Ariane 5, le 25 décembre 2021, et l’efficacité des ajustements de trajectoire lors du vol de l’observatoire jusqu’à sa destination.

Du fait de la précision du lancement et la finesse des corrections, les réservoirs ont très peu été sollicités. Tout le carburant préservé lors de ces premières étapes et durant le trajet de l’observatoire dans l’espace est un carburant qui peut maintenant être envisagé pour autre chose, en l’occurrence le travail scientifique du télescope.

Car ce carburant sera fort utile pour opérer James Webb à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Outre son rôle dans le voyage et l’insertion en orbite à l’emplacement désiré, cet ergol servira à maintenir le télescope à sa place pendant sa durée de vie, mais aussi à pointer son « œil » vers tous les points d’intérêt au fin fond de l’Univers.

Depuis son départ de la Terre le 25 décembre, les bonnes nouvelles se succèdent : l’observatoire, qui doit arriver à la fin du mois de janvier à sa destination, a réussi le déploiement de son miroir secondaire, puis de la structure principale qui compose son miroir primaire. Désormais, il ne reste plus qu’à sortir les 18 segments qui vont compléter le miroir primaire.

Cette étape, qui débutera à la mi-janvier, constitue la dernière grande séquence de la mise en place du télescope. James Webb entrera ensuite dans une très longue phase qui sera l’occasion pour la Nasa de vérifier le fonctionnement de tous les instruments. Elle durera jusqu’à la mi-2022. Ce n’est qu’après que son « œil » pourra commencer à scruter le cosmos.

Sources

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