« Toute la vérité sur la momie extraterrestre d’Atacama »

En 2003, un étrange squelette a été découvert dans une ville chilienne désertée qui se trouve dans le désert d’Atacama. Avec son crâne allongé, ses orbites enfoncées, et son corps incroyablement petit, certains n’ont pas hésité à affirmer qu’il était indubitablement d’origine extraterrestre ! Sauf qu’une analyse génétique récente confirme que le squelette est bien humain, mais avec une nombre de mutations sans précédent.

Ata, un humain non identifié

Le squelette “Ata” (puisqu’il a été baptisé ainsi) est incroyablement bien préservé. Il faut dire que le désert sec d’Atacama est assez idéal pour momifier. Ce squelette a été retrouvé il y a 15 ans et il serait vieux de seulement 40 ans, il n’est donc pas très ancien. Ata ne mesure que 15 cm, il lui manque une paire de côtes, et son visage et son crâne sont très déformés. Bien sûr, après sa découverte, des pseudos-scientifiques ont tout de suite conclu à une origine extraterrestre, parce que c’est dans leur nature et que la vérité ne les intéresse guère.

Ceci étant dit, Garry Nolan, un microbiologiste et immunologue de l’école de médecine de l’Université de Stanford, a été suffisamment intrigué pour l’étudier plus en détail. En 2013, il en était arrivé à la conclusion qu’Ata était humain et qu’il était atteint d’une malformation. Mais finalement cette étude soulevait de nouvelles questions : quel était son sexe ? Pourquoi ces caractéristiques physiques ? Pourquoi 10 côtes au lieu de 12 ? Nolan imaginait qu’Ata souffrait d’une forme de nanisme mais il lui manquait encore les preuves.

Peu de temps après l’analyse de 2013, Paolo Viscardi, un curateur du musée Horiman de Londres affirmait que le squelette ne pouvait pas être celui d’un enfant mais plutôt d’un fœtus avorté qui aurait entre 14 et 16 semaines. Il aurait été déposé sans cérémonie près d’une église dans le désert d’Atacama.

Les analyses de 2018

En 2018, Nolan avec son collègue Atul Butte, le directeur de l’Institut pour les sciences de la santé computationnelle à l’Université de Californie, ont réalisé une analyse génétique et physique hautement détaillée, qui offre un nouveau regard sur la momie.

Cette nouvelle étude, publiée ce 22 mars 2018 dans Genome Research, met en évidence une série de mutations responsables pour la malformation du squelette. Les anomalies génétiques concernent plusieurs gènes responsables d’un développement osseux sain et cela inclut également des mutation et des manifestations physiques qui n’ont jamais été observées auparavant chez un humain.

Pour cette étude, l’ADN a été extrait de la moelle osseuse et grâce à sa bonne conservation, les chercheurs ont pu séquencer tout le génome d’Ata.

Selon les nouvelles analyses, Ata était une fille de parents chiliens. Et effectivement, elle est morte quand elle était encore un fœtus. Le développement de ses os montrent un vieillissement prématuré. Au total, les chercheurs ont identifié des mutations dans au moins 7 gènes qui, soit séparément soit en tandem, ont contribué aux caractéristiques physiques singulières d’Ata. Ces mutations sont responsables des malformations faciales et osseuses et de l’apparent nanisme (connu sous le nom de dysplasie osseuse). Certains des gènes analysés étaient déjà connus, mais c’était la première fois que certaines mutations étaient liées à a croissance des os ou à d’autres problèmes de développement.

Un des enseignements de cette analyse est qu’il ne faut plus s’arrêter à un seul gène pour expliquer certaines maladies. Plusieurs gènes pourraient avoir un problème et cette connaissance pourrait un jour permettre de choisir la meilleur thérapie.

Il y a tout de même une limite. Les chercheurs ne pouvaient que deviner les symptômes causés par certaines variations ou mutations d’ADN. La causalité n’est pas encore connue de manière définitive.

C’est tout de même amusant de voir que certaines avancées scientifiques viennent parfois de lieux inattendus. Il y a quelques années, peu de personnes auraient pu dire que cet étrange petit squelette allait nous apprendre quelque chose de nouveau sur le diagnostique et le traitement des maladies génétiques rares.

Sources

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