Dévoilé pour la première fois en février 2019, le Galaxy Fold est enfin disponible. Après un premier lancement mouvementé puis repoussé, Samsung livre une version revue et corrigée de son smartphone pliable. Après l’effet waouh, que vaut un tel concept au quotidien. Futur top ou futur flop ?

Février 2019. Samsung dévoile le premier smartphone pliable du monde. Le coréen frappe un grand coup et démontre tout son savoir-faire avec un produit que l’on ne voyait que dans les films de science-fiction. Mais à quelques jours du lancement, patatras ! Les premiers testeurs américains relèvent des imperfections rédhibitoires notamment un écran trop fragile. Samsung annule et revoit sa copie.

Septembre 2019. Le Galaxy Fold revu et corrigé s’invite à l’IFA de Berlin. Samsung annonce même une date de sortie : le 18 septembre 2019. Le coréen explique avoir renforcé l’écran ainsi que sa structure protectrice. Bien que proposé à un prix exorbitant (2020 euros), le smartphone pliable du coréen nous donne une vision du futur. Et nous avons eu la chance de l’essayer dès aujourd’hui. Découvrez notre test complet du Galaxy Fold.

Prix et date de sortie : un produit d’exception

Après un premier lancement repoussé, le Galaxy Fold est disponible depuis le 18 septembre 2019 au prix de 2020 euros. Il est proposé en une seule et unique version avec 12 Go de RAM et 512 Go de stockage (sans extension possible) et dans quelques boutiques seulement. Le smartphone peut être commandé sur le web, mais il devra être récupéré dans l’une des 30 boutiques réparties dans 10 grandes villes (Paris, Lille, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nantes, Nice et Toulon). Pourquoi ? Car chaque acheteur sera accueilli par un conseiller qui lui indiquera les précautions à prendre lors de la première utilisation. Et comme le risque zéro n’existe pas, le coréen offre un an de souscription à Samsung Care+ : tout désagrément sera pris en charge avec une franchise de 130 euros.

Samsung propose son Galaxy Fold en deux coloris (Noir Cosmos ou Argent Stellaire) et deux types de charnières (or ou argent). Notons que le coréen fournit une paire de Galaxy Buds d’une valeur de 150 euros ainsi qu’une coque de protection dans un emballage d’exception.

Le prix de ce smartphone futuriste le réserve à un public restreint de passionnés ou d’early adopters aux finances confortables. Que les consommateurs se rassurent, la rareté de la technologie et le processus de fabrication compliqué expliquent en partie ce tarif. D’ailleurs Samsung stoppera la commercialisation de son “smartphone du futur” dès la fin de l’année 2019. Mais il promet déjà des modèles plus abordables dès 2020.

Fiche technique

Fiche technique du Galaxy Fold
Dimensions Déplié : 160.9 x 117.9 x 6.9 mm
Plié : 160.9 x 62.9 x 15.5 mm
Poids 263 g
Ecran AMOLED 7,3″ (interne) et 4,58″ (externe)
Définition QXGA+ 1536 x 2152 pixels, 16:10 362 ppi (interne) HD+ 21:9 (externe)
SoC 7nm 64-bit octacore (Snapdragon 855)
RAM 12 Go
Mémoire de stockage 512 Go (UFS 3.0)
MicroSD Non
Appareil photo externe principal Triple capteur
12 MP f/1.5-2.4 OIS 27mm
12 MP f/2.4 téléobjectif 52mm
16 MP f/2.2 ultra grand angle 12 mm
Appareil photo externe secondaire Capteur simple
10MP f/2.2 26mm
Appareil photo interne Double capteur
10 MP f/2.2 26mm
8 MP f/1.9 ToF 24mm
Capteur d’empreintes Sur la tranche
OS Android 9 Pie
Connectivité Wi‑Fi 6, Bluetooth 5.0, 4G
NFC Oui
Reconnaissance faciale Oui
Résistance à l’eau ••
Batterie 4380 mAh
Port de charge USB-C
Recharge rapide Fast Charging 15W
Recharge inversée Oui, 9W
Recharge Qi sans fil Oui, 15W
Coloris Noir, gris, vert, bleu
Prix 2020€

Design : tablette ou smartphone ?

Les images du Galaxy Fold ont assez circulé pour que l’on comprenne son concept. Fermé c’est un smartphone, ouvert c’est une tablette. Comme l’histoire de l’oeuf et de la poule, chacun verra le produit à sa manière : est-ce un smartphone qui se transforme en tablette ou une tablette que l’on peut glisser dans la poche ? Notre expérience nous fait pencher du côté de la deuxième hypothèse.

Peu importe l’approche, on reconnaîtra le talent des ingénieurs de Samsung pour proposer un objet de grande qualité. Le Galaxy Fold brille par son niveau de finitions malgré les contraintes d’un produit aussi novateur. Le dos en verre se révèle résolument premium et les reflets de la coque font leur effet. En revanche, ils marquent énormément les traces de doigts.

Samsung propose de personnaliser l’ensemble et de choisir la couleur de la coque (Noir Cosmos ou Argent Stellaire) et de la charnière (argent ou or). L’utilisateur peut moduler les combinaisons à sa guise, par exemple coque argent et charnière or.

La charnière renferme un système mécanique bien huilé (sans mauvais jeu de mots) issu d’un “assemblage minutieux, semblable à ceux de l’horlogerie”. En effet, les ouvertures/fermetures respirent la solidité. Samsung promet d’ailleurs 250 000 cycles soit l’équivalent de plus de 100 par jour pendant 5 ans. Un test de quelques jours ne suffit pas à vérifier cette information, mais nous pouvons tout de même témoigner de la solidité du mécanisme.

Finalement, le système d’aimants est le seul élément à nous avoir causé quelques frayeurs. Si leur contribution dans le processus de fermeture se révèle très utile, ils ne facilitent pas l’ouverture du smartphone. Au contraire, leur attraction nous pousse à forcer légèrement et à le voir nous échapper des mains. Heureusement pas de casse, mais le risque reste bien présent. Prudence donc.

Malgré des contraintes d’espace évidentes, Samsung parvient à positionner les différents éléments intelligemment. Les touches de mise sous tension et de volume se positionnent sur la bordure droite à portée de doigts, aux côtés du lecteur d’empreintes. Lorsque le smartphone est fermé, les haut-parleurs se situent au-dessus et en dessous du petit écran alors que l’USB-C se positionne sur la partie inférieure. Comme sur le Note 10+, Samsung fait l’impasse sur le jack 3,5 mm.

Une tablette dans la poche

En main, les 263 grammes du Galaxy Fold peuvent sembler lourds pour un smartphone. Après quelques jours d’utilisation, on s’aperçoit qu’il s’agit plutôt d’une tablette que l’on glisse dans la poche. L’embonpoint ne pose alors plus vraiment de problème. La largeur (62,9 mm) permet de bien saisir l’appareil lorsqu’il est fermé et de compenser l’épaisseur de 15,5 mm. Les conversations téléphoniques restent d’ailleurs très confortables.

En mode tablette, la prise en main se révèle très bonne. Cela confirme nos impressions : le Galaxy Fold est davantage pensé comme une tablette que l’on replie plutôt qu’un smartphone que l’on déplie. On regrette toutefois que la finesse des bordures nous oblige à poser les pouces sur l’écran et donc à parfois déclencher des touches involontaires. À ce petit jeu, le Huawei Mate X nous a semblé plus pratique grâce à sa bordure gauche plus épaisse.

Une nouvelle version plus solide

Suite aux problèmes d’écran constatés par les premiers testeurs en début d’année, Samsung a revu sa copie. Le constructeur améliore différents éléments afin de solidifier l’ensemble. D’abord, l’écran est renforcé par un nouveau maillage qui rigidifie légèrement la dalle. L’expérience n’en est que meilleure.

Afin d’éviter les déboires de la première version, Samsung a agrandi la dernière couche d’écran. Désormais, elle s’étend jusqu’aux bordures, sous le cadre de fixation. Impossible donc de la retirer à la main.

Enfin, le constructeur a intégré deux charnières aux extrémités de la pliure. À cet endroit, l’écran était particulièrement exposé. Les nouvelles charnières bouchent donc ces espaces particulièrement vulnérables. Au passage, Samsung a renforcé l’ensemble du cadre de protection afin de limiter encore les risques.

Écrans : David et Goliath

Voilà la principale attraction de ce Galaxy Fold : son écran pliable. Ou plutôt, ses écrans. Car contrairement à Huawei qui opte pour une dalle ouverte vers l’extérieur sur son Mate X, le coréen choisit d’intégrer deux dalles. La plus petite (positionnée en façade lorsque le smartphone est plié) affiche une diagonale de 4,58 pouces. Samsung opte pour un format 21:9 et sa technologie AMOLED. Si le choix d’une définition HD+ a valu quelques critiques, elle se révèle finalement suffisante sur un écran si petit. Il ne joue de toute façon qu’un rôle consultatif (notifications, messages, guidage) à la manière d’une montre connectée tant les interactions au doigt sont compliquées.

Les coins arrondis de la dalle ont beau épouser les lignes du smartphone, son intégration reste discutable. Les deux énormes bordures au-dessus et en dessous de l’écran dénotent complètement avec l’aspect général du smartphone. On comprend que Samsung ait dû faire face à des contraintes techniques importantes, mais le résultat n’en demeure pas moins décevant.

C’est une fois ouvert que le Galaxy Fold démontre à quel point il est exceptionnel. Bien qu’elle soit rognée par une encoche imposante (coin supérieur droit), la dalle pliable Infinity Flex de 7,3” n’en demeure pas moins impressionnante. Surtout, Samsung semble avoir renforcé la surface supérieure. Sur son site officiel, le coréen explique avoir créé « un alliage constitué de verre et de polymère » afin d’associer la solidité du premier à la souplesse du second. La différence entre ce modèle de test et celui que nous avions découvert en début d’année est frappante. Enfin, pour bien s’assurer que personne ne s’attaquera à la dernière couche de protection, Samsung fournit un guide d’utilisation dans la boîte, directement collé sur l’écran. On ne pourra pas dire que l’on ne savait pas.

Concrètement, l’ensemble des ajustements se matérialisent par une dalle plus dure au toucher, mais également une pliure centrale moins visible. Chat échaudé craint l’eau froide : Samsung reste prudent et avertit sur son site officiel qu’il “est possible que vous remarquiez un pli au centre de l’écran principal”. Mais “il s’agit là d’une caractéristique naturelle de l’écran”. Dans les faits, on ne distingue jamais ce pli lorsqu’on utilise le smartphone de face. On note néanmoins que plus les contenus sont sombres, plus la marque du pli est visible. En extérieur, on constate que la technologie d’écran chasse moins les reflets que les smartphones auxquels nous sommes habitués. Dans ce contexte, on observe plus souvent le petit pli sans qu’il ne pose réellement de problème à l’utilisation.

Samsung opte pour une dalle au format 4,2:3 avec une définition (particulière) QXGA (1536 x 2152 pixels) pour une résolution de 362 pixels par pouce. La compatibilité HDR10+ sur un tel format ravira les fans de films et séries. Le choix de la technologie Dynamic AMOLED permet d’obtenir d’excellents contrastes, des noirs infinis et des couleurs marquées. Est-il vraiment nécessaire de rappeler le savoir-faire de Samsung en la matière ? À l’instar de l’écran du Galaxy Note 10+, celui du modèle pliable est sublime. Si le coréen propose deux modes d’affichage (naturel et vif), le premier reste plus équilibré.

Enfin, le Galaxy Fold intègre un mode “confort des yeux” bienvenu lorsque l’on consulte à longueur de journée un écran de cette taille. Le constructeur promet de réduire l’émission de lumières bleues. Si l’on ne peut pas vérifier scientifiquement ce point, on peut toutefois témoigner du confort d’utilisation au quotidien. Nous n’avons pas ressenti davantage de fatigue oculaire qu’avec un smartphone traditionnel.

Performances au top

Samsung délaisse ses puces maison et adopte le Snapdragon 855 de Qualcomm gravé en 7 nm. Couplé à 12 Go de RAM, il affiche des performances de haut vol. Sans atteindre les sommets du ROG Phone 2 et son Snapdragon 855+, il obtient d’excellents résultats sur les benchmarks. Au quotidien, la navigation est limpide avec des transitions et des animations fluides. Le passage instantané du mode smartphone au mode tablette témoigne de l’excellente optimisation du smartphone. Sans surprise, la gestion du multitâche se révèle excellente.

Le Galaxy Fold assure également pour les usages les plus gourmands. Il fait tourner les jeux les plus exigeants graphiquement sans jamais montrer de signes de faiblesses. Jouer à PUBG Mobile, Asphalt 9 ou NBA Live avec la configuration graphique la plus élevée ne pose aucun problème. L’expérience reste fluide en toutes circonstances. Sur un écran de cette taille, le plaisir est unique notamment avec les licences de Gameloft. L’éditeur a en effet scellé un partenariat avec Samsung pour adapter ses jeux à l’écran pliable. Un régal.

Interface repensée

Propulsé par Android 9.0 Pie le Galaxy Fold bénéficie d’une surcouche One UI repensée pour son format pliable. Le lancement repoussé aura eu un effet positif : Samsung a pu optimiser l’interface et sceller des centaines de partenariats. Ce travail se matérialise par App Continuity. Cette fonction assure une transition rapide et fluide entre l’écran externe et l’écran intérieur. Surtout, App Continuity optimise l’affichage dès l’ouverture du smartphone. On a vu et revu les démonstrations avec Google Maps par exemple, mais d’autres applications procurent la même sensation. Effet waouh garanti !

Le constructeur a aussi optimisé l’expérience du multitâche. Ouvert, le Galaxy Fold peut afficher trois applications simultanément. L’utilisateur peut ajuster la taille et la position de chaque application. Nous ne cacherons pas notre enthousiasme : l’expérience se révèle jouissive. On peut par exemple regarder une vidéo sur Netflix et répondre à quelques messages tout en gardant un oeil sur son feed Twitter.

Plus d’une journée d’autonomie

Pour alimenter son smartphone à deux écrans, Samsung s’appuie sur batterie de 4380 mAh. Ou plutôt deux batteries positionnées dans chaque moitié du smartphone afin de dissiper la chaleur. Contrairement à ce que nous pouvions craindre, cette capacité de batterie se révèle suffisante pour assurer une autonomie digne de ce nom (merci à l’optimisation logicielle). Le Galaxy Fold nous a accompagnés plus d’une journée sans broncher pour une utilisation polyvalente (emails, vidéo, photos, réseaux sociaux, navigation web, messageries). Les utilisateurs les plus connectés devront tout de même passer par la case recharge chaque soir. L’utilisation régulière de l’écran interne (la petite taille de l’écran externe n’en fait qu’une interface de consultation) n’émousse donc pas la batterie du Fold.

Qualité audio digne de Samsung

Afin de renforcer l’immersion, Samsung intègre deux haut-parleurs stéréo positionnés sur les bordures supérieure et inférieure. En format paysage, ils se retrouvent donc sur les côtés de l’écran pour “un son tridimensionnel”. Le tout est certifié AKG (désormais sous la houlette du coréen) et Dolby Atmos. Sans surprise, on retrouve l’excellente qualité de son du Galaxy Note 10+. Pour jouer ou regarder des vidéos, l’expérience se révèle même plus immersive grâce aux deux haut-parleurs positionnés de part et d’autre de l’écran.

Comme tous les smartphones lancés par Samsung en 2019, le Galaxy Fold hérite des fonctionnalités audio de One UI. On retrouve donc l’égaliseur complet (9 bandes) et les six profils d’écoute (normal, pop, classique, jazz, rock et personnalisé). Adapt Sound fait aussi partie de l’aventure : cette option permet d’adapter le son à l’âge de l’utilisateur.

Ce n’est pas vraiment une surprise, l’expérience audio sur le Galaxy Fold se révèle excellente. Samsung met à profit l’acquisition du groupe Harman-Kardon et confirme son savoir-faire. Notons enfin que la marque offre quatre mois d’abonnement à Youtube Premium.

Très bon appareil photo, sauf en basse lumière

Bien que la photo ne soit pas le principal attrait du Galaxy Fold, Samsung le orne de six capteurs. Le premier (10 MP) se situe au-dessus du petit écran lorsque le smartphone est fermé. De l’autre côté, le coréen opte pour le même module que le Galaxy Note 10, à savoir :

  • Grand-angle : 27 mm double ouverture f/1,5 et f/2,4 ; capteur 12 MP 1/2,55” (photosites 1,4 µm); stabilisation optique ; autofocus Dual Pixel à détection de phase.
  • Téléobjectif 2x : 52 mm f/2,1 ; capteur 12 MP 1/3,6’’ (photosites 1 µm) ; stabilisation optique
  • Ultra grand-angle : 12 mm f/2,2 ; capteur 16 MP (photosite 1 µm)

Pour faciliter le shooting en “mode tablette”, Samsung adapte l’interface de son application photo. Le déclencheur se positionne sur la droite, à portée de pouce aux côtés du bouton de rotation (pour passer en mode selfie) et de l’accès à la galerie. Les différentes options restent sur la partie basse de l’écran, en dessous des modes de prise de vue. Malin et efficace.

L’ultra grand-angle présente les mêmes qualités et défauts que celui du Note 10+ : il perd en piqué et en contraste, tandis que la distorsion donne un effet fish eye. Les amateurs de photos artistiques apprécieront. Le zoom x2 quant à lui permettra de sortir des clichés tout à fait convenables. Enfin, le mode portrait se révèle excellent avec des contours précis et un bokeh naturel.

Notre avis sur le Galaxy Fold

Comment cacher notre fascination pour le Galaxy Fold ? Tout passionné de nouvelles technologies aura la sensation de tenir le futur entre ses doigts. Samsung a corrigé les défauts qui auraient pu nous rendre frileux et le résultat final est éblouissant. Performant, endurant, intuitif, ergonomique, doué en photo, vidéo et audio, rien ou presque ne manque à ce Galaxy Fold.

Bien sûr, il n’est pas parfait : son design par exemple démontre que nous n’en sommes qu’aux prémices de cette technologie. Mais ce modèle laisse entrevoir l’avenir du smartphone. D’ailleurs, peut-on encore parler de smartphone ? Au quotidien, il s’impose davantage (et de manière naturelle) comme une tablette que l’on glisse dans la poche, avec tous les avantages que cela représente. Oui, le Galaxy Fold est un smartphone d’exception, réservé à un public aux finances confortables. 2020 euros, voilà le prix à payer pour toucher dès aujourd’hui le smartphone de demain. Mais rassurez-vous, Samsung a déjà promis d’en lancer d’autres , plus abordables.

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