Le parlement européen a trouvé un accord provisoire autour de nouvelles règles pour la conception, la production et le traitement des déchets. Parmi eux, on retrouve les batteries de nos smartphones, qui pourraient redevenir amovibles…

Les régulateurs de l’UE semblent en pleine forme. Après avoir rendu l’USB-C obligatoire et forcé les constructeurs à ouvrir leurs appareils à des magasins d’applications tierces, le parlement européen se penche sur les batteries, dont celles de nos smartphones.

Toutes les batteries sont concernées

Des batteries présentes dans nos véhicules en passant par celles dans nos smartphones et tablettes, toutes sont concernées par cet accord provisoire qui pourrait changer beaucoup de choses. En effet, si cette nouvelle législation européenne est adoptée, elle donnerait trois ans aux fabricants pour repenser leurs appareils portables de sorte que les utilisateurs puissent facilement retirer et remplacer leur batterie.

Cela peut porter à sourire quand on sait que la grande majorité de nos smartphones étaient équipés d’une batterie amovible, il n’y a pas si longtemps. Presque tous les téléphones de Samsung avaient une batterie amovible jusqu’en 2014, y compris sur le haut de gamme. On se souvient par exemple de l’excellent Galaxy S5 dont la coque arrière se détachait très facilement.

Samsung n’a pas totalement abandonné cette idée dans la mesure où les smartphones de sa gamme Galaxy Xcover ont toujours des batteries amovibles. Le constructeur pourrait donc y revenir relativement aisément, sur certains modèles du moins. En effet, les smartphones pliants, comme le Galaxy Z Flip 4, ont une conception particulière. Ils contiennent deux batteries connectées par des câbles plats pour pouvoir plier l’appareil. Pouvoir remplacer ces batteries représenterait un défi important.

De la conception au recyclage

L’accord provisoire de l’UE veut favoriser l’économie circulaire en assurant la traçabilité de toutes les batteries sur le marché. Ainsi, elles devront avoir des étiquettes et des QR codes donnant des informations sur leur capacité, leur durabilité, leur performance et leur composition chimique, ainsi qu’un symbole « collecte séparée ».

Une sorte de passeport numérique motivé par des préoccupations environnementales, avec un niveau minimum de matériaux recyclés dans chaque batterie : 6 % pour le nickel et le lithium, 16 % pour le cobalt et 85 % pour le plomb. Pour organiser leur recyclage, l’UE exigerait également une collecte gratuite des batteries auprès des consommateurs. Ainsi, le plan prévoit une collecte de 45 % des batteries portables usagées d’ici à 2023, 63 % d’ici à 2027 et 73 % d’ici à 2030.

Toutes les autres batteries comme celles des véhicules électriques devront aussi être collectées sans frais pour le consommateur. L’ensemble des fabricants qui vendent dans l’Union européenne devront par ailleurs « traiter les risques sociaux et environnementaux liés à l’approvisionnement, à la transformation, ainsi qu’au commerce des matières premières et secondaires ».

En attendant que cet accord provisoire soit définitivement adopté par le Parlement européen, Achille Variati, le rapporteur du texte, se félicite des avancées sur le sujet :

« Pour la première fois, nous avons une législation sur l’économie circulaire qui couvre l’ensemble du cycle de vie d’un produit – cette approche est bonne à la fois pour l’environnement et pour l’économie. Nous nous sommes mis d’accord sur des mesures qui profitent grandement aux consommateurs : les batteries fonctionneront bien, seront plus sûres et plus faciles à retirer. Notre objectif global est de construire une industrie européenne du recyclage plus forte, en particulier pour le lithium, et un secteur industriel compétitif dans son ensemble, ce qui est crucial dans les décennies à venir pour la transition énergétique et l’autonomie stratégique de notre continent. Ces mesures pourraient devenir une référence pour l’ensemble du marché mondial des batteries. »

Sources

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